Carnoy

La victoire était possible

 

Les travailleurs de Carnoy, une usine métallurgique gantoise, ont mené une grève héroïque de 7 semaines contre le licenciement de leur délégué FGTB Raf Verbeke. Il était clair dès le départ que la direction voulait affaiblir la délégation avant de restructurer et de licencier.

La grève a été stoppée par les secrétaires syndicaux contre l'avis des travailleurs. La proposition du conciliateur social (baisse des salaires, primes de licenciement, aucune mention de Raf Verbeke) a été rejetée par 58% des travailleurs lors d'un référendum postal. Après le dépouillement, les secrétaires ont prétendu qu'il fallait 66% pour continuer la grève alors que le vote portait sur l'acceptation de la proposition du conciliateur.

Un vote en assemblée générale, où chacun peut donner son avis, est beaucoup plus démocratique qu'un référendum postal. De plus, il a fallu attendre deux semaines avant d'avoir les bulletins de vote par la poste: c'était une manoeuvre pour asphyxier les grévistes moralement et financièrement. Par dessus le marché, les permanents syndicaux avaient accepté que les jaunes et les hésitants puissent forcer le piquet et entrer dans l'usine "afin d'éviter les provocations". Le patron, de son côté, n'a jamais cessé les provocations: caméras vidéos, hélicoptère pour amener les jaunes à l'intérieur. A la fin de la grève, il voulait même mettre les 3 délégués FGTB restants en chômage technique!

Enfin, les dirigeants syndicaux régionaux et nationaux ont d'élargir la lutte et d'appeler à 24 heures de grève régionale dans la métallurgie alors que les marques de soutien affluaient de nombreuses délégations du secteur. La manifestation nationale de solidarité était l'occasion de lancer un tel appel, mais Michel Nollet et Mia De Vits n'y ont rien proposé de concret. Au Comité national des métallos FGTB, le président Jorissen a retiré la parole au délégué principal de Carnoy qui réclamait des actions de solidarité du secteur.

Militant est intervenu activement dans cette grève en participant quotidiennement aux piquets, jour et nuit. Notre premier tract proposait de mettre sur pied un comité de solidarité. Le second appelait à l'organisation d'une grève sectorielle de 24 heures dans la région.

La lutte se termine pas une défaite. Raf n'est pas réintégré. Mais cette défaite ne vient pas du manque de combativité des travailleurs; elle vient de la couardise de l'appareil syndical d'affronter les patrons. Cela montre l'obligation de lutter pour un syndicalisme démocratique et combatif et, sur le plan politique, de rejoindre une organisation prête à mener le combat.

Els Deschoemacker

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