PRL-PS-Ecolo

Une AUTRE façon de faire de la politique?

 

Quant les Verts se sont lancés dans la politique, ils ont promis de la faire «autrement». Les voilà maintenant au gouvernement avec les libéraux et les socialistes ! Peut-on espérer une «autre politique» avec des Verhofstadt, Michel, Onkelinx et Vande Lanotte?

De 1981 à 1988, on a vu de quoi les libéraux étaient capables: alors qu'ils étaient au gouvernement avec le CVP (gouvernement Martens-Gol) le pouvoir d’achat des travailleurs et des allocataires sociaux a baissé de 15%! De 1988 à juin dernier, le PS et le SP ont aussi montré comment gouverner contre les travailleurs et les jeunes: Plan global, privatisations, démantèlement des services publics, recul de l'âge de la pension pour les femmes, coupes budgétaires dans l'enseignement, renforcement de la gendarmerie,...

Certains nous diront peut-être qu'il faut attendre quelques mois avant de voir ce que feront réellement les verts au gouvernement. Il faudra en effet attendre quelques mois pour que bon nombre de ceux qui avaient espéré une autre politique reviennent à la dure réalité.

Quant à nous, nous ne voulons créer aucune illusion à ce sujet. Il suffit de parcourir les 1.800 propositions électorales d’Écolo pour se rendre compte de ce qu'il subsiste dans la plate-forme gouvernementale : où sont passés la réduction du temps de travail sans perte de salaire? la fermeture des centres fermés? le droit de vote pour les étrangers non européens?

«Quand on entre dans une coalition gouvernementale, il faut pouvoir mettre de l'eau dans son vin», diront sans doute les responsables écologistes. Au début du siècle, les socialistes ont dit la même chose quand ils sont entrés au gouvernement avec la droite. A l'époque, le Parti socialiste avait cependant l’immense avantage de pouvoir s'appuyer sur une classe ouvrière bien organisée et prête à lutter. Où sont les troupes d'Écolo pour organiser la lutte à la base? Nous ne sommes pas de ceux qui croient naïvement que la défense des travailleurs et des jeunes puisse dépendre uniquement d'un rapport de force électoral. Chaque conquête sociale a d'abord dû être arrachée par la lutte, dans la rue et dans les entreprises.

Les travailleurs doivent se donc se préparer à la résistance. Car sous couvert de «renouveau», on risque fort de nous servir la même politique d'austérité peinte en vert. Mais la lutte et la résistance ne suffiront pas à elles seules. Tant que les travailleurs, les allocataires sociaux et les jeunes ne construiront pas leur propre parti — contrôlé démocratiquement par eux — afin de garantir le droit à l'emploi, à la santé, au logement, à l'enseignement, des marchands d'illusions continueront à prétendre «qu'ils feront de la politique autrement». 

Guy Van Sinoy


Le Militant
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