Irlande du Nord
L'impasse du processus de paix a fait la Une des médias au cours de l'été. Dermot Connolly, du Socialist Party, la section du CIO en Irlande, explique:
«La guerre n'offrait aucune perspective aux différentes parties. La direction du Sinn Fein et de l'IRA ont compris qu'elle ne pourraient jamais atteindre la victoire en continuant dans la même voie. Le gouvernement britannique devait surtout convaincre les dirigeants de la communauté protestante. De grandes mobilisations ouvrières contre les tueries entre communautés comme à Belfast et Omagh ont d'autre part eu lieu.»
«Le processus de paix n'a jamais mené à un rapprochement entre communautés. Chaque été, les marches protestantes à travers les quartiers catholiques constituent un point de crispation: les tensions augmentent entre les protestants habitant dans des quartiers catholiques et la majorité de la population locale. Et ce, vice versa. Les extrémistes des deux cotés essaient ainsi de créer des communautés religieuses "pures". Très peu de quartiers sont encore mixtes. Rien que cette année, 55 personnes ont été tuées. Peut-on parler de véritable solution?»
«Nous sommes confrontés avec une situation difficile. Lors des marches, trois droits démocratiques sont en jeu: le droit de marcher, le droit de protester contre des marches sectaires et - selon nous un droit prioritaire aux deux autres - le droit de la classe ouvrière de ne pas être entraînée dans un conflit comme en Bosnie. Nous incitons au dialogue ouvert et au compromis entre communautés. Il faut utiliser chaque répit pour développer une politique de classe qui dépasse la division entre les communautés. Ce que sur la base d'une lutte commune entre catholiques et protestants autour des questions sociales communes aux deux communautés que l'on pourra entamer un véritable processus de paix.»