Après les élections... les procès
Sitôt les élections passées, les procès des militants ouvriers reprennent de plus belle. Lundi 14 juin, Miguel Rubio, délégué principal FGTB chez Wendt Board passait devant le tribunal du travail de B ruxelles. Jeudi 17 juin, le procès des travailleurs de Clabecq, suspendu pendant la durée des élections, reprenait à Nivelles.
Miguel Rubio
Première victoire au tribunal du travail
Accusé d'avoir fait signer des listes de parrainage pour la liste Debout, Miguel fait l'objet d'une mesure de licenciement pour "faute grave". La direction lui reproche de ne pas être assez souvent à ; sa machine. Miguel est délégué principal et secrétaire du Conseil d'Entreprise, c'est-à-dire qu'il dispose légalement de tout le temps nécessaire pour remplir sa mission syndicale. Il nie avoir fait circu ler des listes de parrainage pour la liste Debout. Le véritable motif de la tentative de licenciement, c'est tout simplement le fait que Wendt Board veut se débarrasser d'un militant syndical combatif.
La mobilisation s'est donc autour organisée autour de Miguel. Le vendredi 11 juin, une soirée de solidarité a rassemblé une centaine de militants syndicaux et politiques. Toute la palette des organisations de gauche &eac ute;tait représentée.
Lundi 14 juin, à l'ouverture du procès, 300 personnes étaient venues le soutenir au palais de justice de Bruxelles. On a eu droit à un échantillon de mesures d'intimidations de la part de la gendarmerie. Il y avai t d'abord un demi douzaine de gendarmes en tenue de combat sur les marches du palais de justice. Ensuite, on a appris que le procès était reporté de 14h30 à 15h30: à cette heure il y a en effet moins de monde au palais d e justice et la protestation passe donc plus inaperçue. En outre, sans doute afin de dérouter ceux qui arrivaient plus tard, on avait changé de salle. Nous nous sommes donc retrouvés à plusieurs centaines à la por te d'une salle d'audience minuscule. Après négociation avec les gendarmes, les secrétaires syndicaux du métal ont accepté que ceux qui ne pouvaient entrer dans la salle, faute de place, soient obligés d'attendre & agrave; l'extérieur du palais de justice. Pour faire bonne mesure, Albert Laga, secrétaire CMB a annoncé "Cela va durer de 3 à 4 heures! Ceux qui ne peuvent pas rester jusque 19h, ce n'est pas la peine qu'ils entrent!". Curieus e façon de mobiliser les travailleurs! Le bouquet, c'est quand l'officier de gendarmerie s'est adressé à ceux qui étaient entrés dans la salle d'audience: il a tenté de les intimider en annonçant qu'au moin dre trouble de l'audience, Miguel en supporterait les conséquences... On s'est tous regardés en se demandant si la gendarmerie allait tenir la place du juge!
Le jugement a été prononcé le lundi 24 juin. Le tribunal refuse de reconnaître le motif grave: Miguel Rubio n'a pas fait signer de liste de parrainage, et même s'il l'avait fait cela ne constituerait pas un motif gr ave. C'est donc une première victoire. Mais la direction a annoncé son intention d'aller en appel. En attendant, Miguel reste suspendu: il ne peut pénétrer dans l'entreprise et il émarge au chômage avec une indemni té complémentaire payée par l'entreprise. Le soutien doit donc continuer.
Procès de Nivelles
Deux séances marathon
Le procès de Nivelles a repris le 17 et 18 juin avec l'audition de 13 témoins cités par la défense. Les audiences ont commencé à 9 heures et se sont terminées en début de soirée. Certai ns témoins ont été interrogés pendant deux heures par le président du tribunal qui s'est acharné à vouloir connaître le nom des conducteurs des bulldozers lors de la manifestation sur la bretelle d'au toroute, le jour où les gendarmes ont ramassé une tripotée mémorable.
Le procès reprendra le 9 septembre par l'audition des témoins de l'accusation (les gendarmes). En clair, cela signifie que les gendarmes ont deux mois pour préparer leurs dépositions sur base des déclarations des témoins de la défense. Dès à présent notez cette date dans votre agenda: le jeudi 9 septembre à 8h45, tous à Nivelles!
Francine Dekoninck