Militant sur les listes du PC
Une campagne pleine d'enseignements
Pour la première fois depuis 1987, le Parti communiste participait aux élections sous ses propres couleurs en déposant des listes ouvertes à tous les scrutins en Wallonie et à Bruxelles. Plusieurs mois avant le d& eacute;but de la campagne, Militant avait entamé des discussions avec le PC afin de participer à ses listes pour les Régions, la Chambre et le Sénat. Dès que le projet de la liste Debout pour le Parlement européen a pris corps, Militant a plaidé, sans succès, auprès du Parti communiste pour qu'il renonce à déposer sa propre liste à l'Europe et soutienne la liste Debout (voir Le Militant de février 99).
Au total, les listes ouvertes du Parti communiste recueillent 1% à la Région wallonne, 0,9% à la Chambre et 0,8% au Sénat. Il n'y a aucun élu. C'est à la Région bruxelloise, où la liste obtien t 3.346 voix (0,8%), que le PC espérait le plus avoir un élu car un peu moins de 6.000 voix suffisent pour y décrocher un mandat de député régional.
Plusieurs constatations émergent de cette campagne. D'abord, le fait d'avoir été absent du terrain électoral, et du terrain politique en général, a incontestablement handicapé le PC. L'an dernier, le PC a lancé une campagne de défense des chômeurs, mais c'est un peu court pour se reconstruire sur le terrain politique.
Deuxièmement, un nombre croissant de militants syndicaux dégoûtés de la politique du PS se sont tournés vers les listes ouvertes du Parti communiste. Particulièrement à Bruxelles où il y avait 51 militants syndicaux sur les listes.
Malgré cela, il est clair que le PC ne pourra remplir à lui seul le vide politique à gauche du PS et d'Écolo, même avec des listes ouvertes, et qu'il devra se poser la question de listes unitaires pour le prochain scrutin.
Les candidats de Militant sur les listes ouvertes du PC l'étaient en tant que membre de leur organisation. Militant a d'ailleurs mené campagne sur son propre programme en appelant à voter pour ses candidats (10 à Bruxell es, 1 à Nivelles, 1 à Liège, 1 au Sénat). C'est à Bruxelles, où la moitié des candidats n'étaient pas membres du PC, que la campagne a été la plus ouverte: le matériel pour les & eacute;lections bruxelloises a été débattu en assemblée générale (affiches et tracts pour l'emploi, contre le racisme, contre la guerre, pour la défense des libertés syndicales). Une première assemblée de bilan a eu lieu. Il s'agira dès la rentrée de dégager des pistes non seulement pour une construire une unité plus large en vue des élections communales, mais aussi pour mener en commun des actions sur le terrain.
Guy Van Sinoy