Militant
Comment avancer sur la voie d'un nouveau parti des travailleurs?
Il est très probable qu'Écolo et Agalev entrent au gouvernement. Ceux qui s'étaient bercés d'illusions sur les verts - y compris ceux qui avaient appelé à voter pour des syndicalistes sur le s listes écologistes - vont devoir déchanter car l'austérité sera désormais verte. Le problème de la constitution d'un parti des travailleurs qui défende pied à pied les acquis des travailleurs, qui refuse le chômage, l'austérité et la privatisation des services publics reste donc entier.
Militant pense qu'un tel parti est vital pour organiser la résistance sociale: dans la rue, dans les quartiers, dans les entreprises, les files de pointage et les écoles. Chacun a droit à un emploi, à un logement décent, à la santé, à un enseignement de qualité. La société capitaliste n'est pas capable de répondre à ces besoins élémentaires. C'est pourquoi il faut la remplacer pa r une société où les besoins de chacun passeront avant les profits d'une minorité.
Aujourd'hui, beaucoup de gens sont prêts à lutter pour leurs intérêts immédiats sans pour autant être convaincus de la nécessité de lutter pour le socialisme. Un grand parti des t ravailleurs permettrait non seulement de mieux défendre les intérêts immédiats, mais aussi de lutter ensemble et d'accumuler les expériences qui font progresser la conscience politique.
Il y a donc deux tâches simultanée: d'une part regrouper au sein de Militant ceux qui sont prêts à lutter pour le socialisme démocratique, d'autre part tenter de regrouper tous ceux qui refusent l'au stérité dans un grand parti des travailleurs et de la jeunesse.
C'est dans cette optique de faire progresser l'unité des travailleurs que nous avons participé aux listes ouvertes du Parti communiste et à la liste Debout. Cette participation, nous l'avons faite sans concessio ns. Dans le cadre des listes ouvertes du PC, nous avons mené campagne sur notre propre programme en appelant à voter pour nos candidats sur les listes du PC et pour le PC dans les arrondissements où nous n'avions pas de candidats &agr ave; la Chambre ou à la Région wallonne. L'unité ne signifie donc pas la confusion.
La liste Debout n'avait de catalogue de revendications, mais elle incarnait à travers ses candidats un programme: le refus de la fatalité, de l'austérité, des fermetures, des injustices et la volont&eacut e; de mener la lutte sans concessions.
Au lendemain des élections, il se confirme que ni le Parti communiste (0,9% des voix) ni le PTB (0,5%) ne parviendront à remplir à eux seuls le vide à gauche du PS et d'Écolo. Raison de plus pour u nir les forces. Quant à ceux qui sont restés frileusement au bord de la route en prodiguant conseils et sarcasmes tout en plaçant quelques candidats sur des listes éparses, ils ont eu tort. L'unité à gauche ne tom bera pas du ciel. Il faut la construire. Malgré ses forces limitées, Militant a pris ses responsabilités pour progresser dans cette voie.
Aux élections communales de 2000,il faudra tout faire pour rassembler ceux qui luttent contre l'austérité. Cette unité doit reposer sur l'action. Les uns devront réfréner leur sectarisme, le s autres devront sortir de leur réserve. Car à terme, si le PS et Écolo se discréditent au gouvernement et que l'unité d'action ne progresse pas à gauche, c'est l'extrême-droite qui en profitera.
Guy Van Sinoy