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Cordon bleu à l'oseille
Au moment de mettre sous presse ce journal, on ne connaît pas encore ni la composition du gouvernement ni son programme. Mais on connaît le programme de la bourgeoisie depuis des années: prendre aux pauvres pour d onner aux riches. La seule question en suspens est de savoir qui sera à même de pouvoir l'appliquer.
Dans les années 80, les libéraux n'ont cessé de répéter qu'il fallait "dégraisser" l'État, réduire le coût de la sécurité sociale, alléger les charge s sociales, etc. En fait, le tandem Dehaene-Di Rupo a privatisé beaucoup plus de services publics, sabré beaucoup plus dans les dépenses sociales, mieux exécuté le programme de la bourgeoisie que les libéraux n'av aient espéré le faire. Les cadeaux fiscaux aux entreprises ont été nombreux et l'inspection fiscale complètement débordée.
La plus grande qualité de l'équipe CVP/PS était de pouvoir tenir en main les travailleurs grâce à la collaboration des sommets syndicaux. A deux reprises cependant la situation leur a échapp& eacute;: en novembre 1993 à l'époque de la lutte contre le Plan global, en février 1997 lorsque la lutte des travailleurs de Clabecq a tenté de faire la jonction avec la lutte de ceux de Renault. L'appareil syndical a alors fai t des pieds et des mains pour reprendre la situation en mains, ne rechignant sur les coups bas tels que l'exclusion de quelques-uns de ses meilleurs militants syndicaux.
C'est désormais au tour de Verhofstadt et Michel d'appliquer le prochain chapitre du programme de la bourgeoisie. Ce chapitre est exposé noir sur blanc dans le dernier livre de Jean-Luc Dehaene En route pour l'an 2000: privatisation de La Poste et de la SNCB, limitation à 6 mois du droit aux allocations de chômage, etc.
Ceux qui imaginent qu'Écolo et Agalev vont arrêter cela se trompent. Pour rasséréner leur électorat, il faudra bien intégrer à la déclaration gouvernementale quelques points du programme des écologistes. Mais mettre un terme aux privatisations ou stopper l'austérité, n'y pensez pas! Ni de la part d'Écolo, ni d'Agalev. Ni d'ailleurs du PS ou du SP.
C'est dans les entreprises, dans les services publics, dans les bureaux de chômage, dans les écoles et les quartiers qu'il faut se préparer à résister et à lutter pour arrêter le procha in chapitre de l'austérité. Cette lutte se heurtera sans aucun doute aux sommets syndicaux. Raison de plus pour regrouper et organiser tous les militants syndicaux de gauche.