Les bombardements aggravent la situation
L'Otan hors des Balkans!
300 milliards! C'est ce que coûtent cinq semaines de bombardements, à raison de 10 milliards de FB la journée! Une poignée de capitalistes de l'industrie des armes, du transport et du pétrole font des affaires en or et voient le cours de leurs actions s'envoler en bourse. On nous prétend que cette guerre est menée dans l'intérêt du peuple kosovars. Mais on n'a prévu que 4 milliards pour l'accueil des réfugiés en Albanie et en Macédoine. Les pays européens accueilleront - tous ensemble - 85.000 réfugiés. Alors que la Macédoine, un pays pauvre comme Job, en accueille 200.000. Alors que l'Albanie doit consacrer 12% de son revenu national pour l'accueil des réfugiés.
par Anja Deschoemacker
Cette guerre ne peut rien résoudre. Les tensions nationales ont été poussées à leur paroxysme par la pauvreté qui règne dans toute la région. Un expert des Balkans de l'Institut international d'Études stratégiques affirme:
«Ce conflit risque d'avoir pour conséquence l'appauvrissement permanente de la Serbie et temporairement même une famine aiguë. La population démoralisée manifeste des sentiments anti-occidentaux de façon virulente. Bref un bouillon de culture idéal pour un mouvement terroriste qui pourrait facilement jouir d'un soutien en Russie, en Biélorussie et en Ukraine. Les gouvernements ne participeront pas, mais il y a suffisamment de forces locales intéressées à prendre part.»
Selon les calculs de banque hollandaise Rabobank le coût de la reconstruction sera astronomique: au moins 1.200 milliards de FB.
La guerre de l'Otan a poussé à son plus haut degré les tensions dans la région. A plus long terme, il est inévitable que la situation se dégrade encore plus qu'aujourd'hui.
Pourquoi? L'Otan n'est pas en faveur d'un Kosovo indépendant. Mais les réfugiés ne reviendront pas dans un Kosovo fait toujours partie de la Serbie. Si les puissances occidentales instaurent un «protectorat», les fonds destinés à la reconstruction disparaîtront dans les poches des dirigeants, comme c'est le cas aujourd'hui en Bosnie. Les 30.000 soldats occidentaux toujours présents en Bosnie empêchent pour l'instant les affrontements armés entre les divers camps, mais il n'y a aucune démocratie et la situation économique a empiré. Aujourd'hui, les tensions ethniques croissent en Bosnie au lieu de s'apaiser.
Nous payons pour cette guerre qui n'est pas la nôtre. Nous payerons plus tard pour la reconstruction. Il n'y aura aucun contrôle sur l'utilisation des fonds. Les multinationales de l'armement, du transport et du pétrole qui ont accumulé les profits de guerre vont-elles financer la reconstruction? Pas du tout!
L'Otan veut faire des Balkans une région stable pour y faire du profit. La guerre doit instaurer de manière durable l'influence (ou la domination) des puissances occidentales. Et dans ce cadre, l'appauvrissement de la population continuera impitoyablement.
La seule force capable de modifier le cours des choses est la masse ouvrière des Balkans. Mais la guerre empêche l'organisation de cette classe ouvrière. Elle pousse la population dans les bras des dirigeants nationalistes. Des soldats qui refusaient l'été dernier de partir pour le Kosovo sont maintenant devenus des patriotes. Quand les bombes tombent sur votre maison, la première des priorités c'est d'arrêter les bombardements.
Arrêt aux bombardements, Otan hors des Balkans, droit à l'autodétermination des Kosovars, pour une solution s'appuyant sur les masses ouvrières du Balkans.