Libertés syndicales
Encore un délégué menacé!
Miguel Rubio travaille depuis 19 ans chez Diamant Board, une usine produisant des outils de découpe pour divers matériaux. Il est délégué FGTB au conseil d'entreprise et en délégation syndicale. Diamant Board emploie 750 travailleurs, mais l'entreprise a été scindée en 5 unités avec des délégations syndicales distinctes. Miguel s'est donc retrouvé délégué pour une unité de 150 travailleurs. Depuis lors, les pressions patronales ont redoublé.
La direction lui reproche, par exemple, de consacrer trop de temps à son travail syndical et pas assez au travail de production. Miguel étant secrétaire du Conseil d'Entreprise, il dispose légalement du temps nécessaire pour remplir son mandat. Comme il est aussi délégué syndical effectif il doit donc remplir ses deux mandats en 8h. On ne voit en quoi le patron voudrait en plus le mettre à la production.
La direction vient d'intenter une action en vue de licencier Miguel pour "faute grave". Elle l'accuse d'avoir récolté dans l'usine des signatures pour la liste DEBOUT de Roberto D'Orazio. Nous n'avons pas les éléments pour juger si ces faits invoqués sont exacts. Mais si même c'était vrai, il est hors de question que cela serve de motif de licenciement. Dans beaucoup d'entreprises, le règlement de travail instaure l'état de siège: interdiction de faire des collectes, de distribuer des tracts, etc. C'est-à-dire que les libertés constitutionnelles s'arrêtent quand vous avez pointé. C'est déjà assez comme cela que de telles dis positions puissent exister. Si on les applique en plus aux délégués syndicaux, plus aucune liberté syndical n'existe. En effet, comment placer un avis aux valves sans "violer" le règlement de travail? De telles dispositions du règlement de travail devraient être cassées car elles sont inconstitutionnelles.
"Oui, mais ici il s'agissait d'un tract ou d'un appel à caractère politique!" diront sans doutes les avocats des patrons. Et alors? Depuis quand la direction décide-t-elle quel tract ou appel peut ou ne pas être distribué par un délégué? Les militants syndicaux ont le droit de diffuser tout appel qui leur semble aller dans le sens de la défense des travailleurs, politique ou pas. Depuis quand existe-t-il une muraille de Chine entre syndicalisme et politique? Les patrons, de leur côté, n'en font-ils pas de la politique? Quels politiciens Diamant Board a-t-il arrosé pour recevoir des subsides de l'État? Voilà, par exemple, une bonne question qui mériterait d'être posée.
Les collègues de travail Miguel ont réagi en se rassemblant devant l'usine tous les jours de 11h30 à 12h30. Ils soutiennent leur délégué et soulignent que la direction veut se débarrasser d'un délégué combatif avant d'entreprendre une nouvelle restructuration.
Ce qui inquiétant, c'est ce qui se mijote du côté de la place Rouppe (siège bruxellois du syndicat des métallos FGTB). Il nous revient que certains secrétaires envisageraient de négocier une indemnité de licenciement (quelques mois de salaire) afin de faire passer en douce le licenciement de Miguel. Si c'était le cas, il s'agirait alors d'une faute grave... de la part d'un secrétaire syndical coupable de ne pas assurer la défense de ses propres militants.
Nous appelons tous les militants syndicaux et les travailleurs a venir témoigner leur soutien à Miguel Rubio en venant de 1hh30 à 12h30 devant le siège de Diamant Board (avenue du Pont de Luttre à Forest, non loin de VW).
Correspondant