Jobs "hamburgers"
Seul compte le profit...
Beaucoup de portes du marché du travail restent fermées aux jeunes. Ceux qui ont la chance de décrocher un job trouvent souvent un job "hamburger": un emploi mal payé et soumis à la flexibilité à outrance. Nous donnons la parole à une travailleuse de Quick qui témoigne sur ses conditions de travail.
"Les chaînes de restauration rapide telles que Quick et Mac Donalds ont une réputation exécrable sur le plan écologique. Après quelques mois de labeur comme "collaboratrice" chez Quick, j'en sais un peu plus sur les conditions de travail. La toute grande majorité de mes collègues sont des jeunes sans formation, dont bon nombres de jeunes d'origine immigrée, sans beaucoup de perspectives dans la société. A la moindre réclamation concernant les conditions de travail, on nous impose le silence avec une menace de licenciement à la clé.
La plupart ne connaissent rien aux droits syndicaux. Ce ne sont pourtant pas les motifs qui manquent pour nous organiser.
Ainsi, par exemple, la sécurité des friteuses et des grill est insuffisante. Comme le rythme de travail est élevé, les brulûres sont fréquentes.
"Si tu travaille au Quick, vaut mieux ne pas avoir de vie sociale car tu ne sais jamais une semaine à l'avance quel sera ton horaire. Quand tu es en congé, vaut mieux ne pas répondre au téléphone car il se peut qu'un "assistant manager" te rappelle au travail. Le principe des managers du Quick est de faire le plus grand chiffre d'affaire possible en dépensant le moins possible: sur le plan de qualité de la nourriture comme sur le plan du personnel. Aux heures de pointes, le rythme de travail est infernal. Si on relâche un instant le rythme, le manager te tombe dessus. Les nombreuses heures supplémentaires ne sont payées que tous les trois mois et souvent pas toutes. On pointe et on dépointe fréquemment. Ainsi, aux heures creuse, on dépointe, c'est à dire qu'on reste sur place mais qu'on n'est pas payé. On pointe à nouveau et on retravaille dès qu'il y a plus de clients. Il y a donc un décalage important entre le nombre d'heures de présences et le nombre d'heures payées. Il n'est donc pas étonnant qu'il y ait une très grande rotation du personnel, ce qui complique l'organisation de la résistance. Néanmoins mes collègues et moi avons déjà à plusieurs reprises arrêté le travail de façon spontanée. Les mauvaises conditions de travail créent une grande solidarité entre les travailleurs."