Yougoslavie

OTAN: stop aux bombardements!

Aucun soutien à Milosevic!

L'agression de l'OTAN contre la Yougoslavie n'a pas fait avancer d'un pouce la situation du peuple kosovar. Au contraire, aujourd'hui c'est pis! Car l'armée serbe prend sa vengeance sur la population civile kosovare. L'im passe à laquelle mène la politique des dirigeants occidentaux montre l'instabilité fondamentale et incontrôlable du capitalisme mondial.

Il faut chercher l'origine de l'éclatement violent de l'ancienne Yougoslavie dans la crise économique et politique qui au cours des années 80 a rendu l'effondrement du stalinisme de plus en plus inévitabl e. Les apparatchiks staliniens ont commencé à considérer de plus en plus une transition vers le capitalisme, où ils pourraient - en tant que capitalistes - faire la pluie et le beau temps. Le mécontentement de la populat ion était canalisé vers le chauvinisme par une propagande officielle nationaliste. Des bureaucraties régionales se sont développées en l'absence d'un mouvement ouvrier organisé. La répression a fait le rest e.

La résistance du peuple kosovar face au nationalisme serbe a mené, au début des années 90, à l'édification de structures "parallèles": son propre réseau d'éducation, ses propres services sociaux et en 1992 son propre parlement. Les trois guerres qui ont dévastés l'ancienne Yougoslavie (en 1991 en Slovénie, de 1991 à 1995 en Croatie, de 1992 à 1995 en Bosnie) ont poussé au paroxys me les tensions nationalistes dans la région. Les réfugiés serbes venant de Croatie et de Bosnie, par exemple, ont été délibérément poussés vers le Kosovo par les autorités serbes.

Autre facteur négatif: l'héritage désastreux du stalinisme. Milosevic continue encore aujourd'hui a se revendiquer comme étant "socialiste". Et tout cela dans le contexte d'une restauration capitaliste qu i attaque férocement les conditions de vie et de travail de toute la population des Balkans.

La répression menée par les dirigeants nationalistes serbes a convaincu la population kosovare que la seule planche de salut était un Kosovo "indépendant. Mais dans le cadre de l'économie de march& eacute;, comme le propose actuellement la résistance kosovare, c'est impossible. Lancer des attaques militaristes contre les troupes serbes, comme l'a fait l'Armée de Libération du Kosovo (UCK), renforce le nationalisme serbe.

Les Kosovars auraient pu tenter de créer un mouvement politique de masse - et pas seulement militaire - réunissant tant des Albanais que des Serbes du Kosovo sur base de structures démocratiquement élues. Un tel mouvement se serait tourné contre la répression menée par le régime de Milosevic et contre la surenchère nationaliste. Des revendications de classe auraient pu neutraliser le nationalisme bourgeois, sans pour aut ant abandonner le droit à l'autodétermination qui n'est agité par les puissances occidentales que quand ça leur convient.

L'impérialisme occidental craint une réaction en chaîne dans l'ensemble des Balkans. Il s'oppose donc aux aspirations à l'indépendance des Kosovars. C'est pour contraindre à signer un comprom is sur le dos du peuple kosovar l'impérialisme a déclenché des bombardements massifs.

Dans toute cette affaire la collaboration du gouvernement belge est scandaleuse. Dehaene soutient la décision de l'OTAN pour des raisons totalement étrangères à l'intérêt des travailleurs et de la jeunesse. Uniquement pour garantir la stabilité de l'ordre capitaliste.

Le conflit des Balkans montre que le choix entre le socialisme - qui se fonde sur la collaboration volontaire et démocratique entre les nations à partir d'une économie planifiée internationalement - et la barbarie capitaliste se pose de façon aiguë. Y compris pour les pays occidentaux. Une Fédération socialiste de toute l'Europe est plus nécessaire que jamais.

Peter Delsing


Le Militant
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