Sécurité

 

«Les jeunes difficiles... le seraient moins s'ils avaient un job»

Un travailleur de la STIB

 

A l'approche des élections un certain nombre de partis, surtout en Flandre et à Bruxelles, vont faire de la sécurité leur cheval de bataille électoral. Le VLD a sorti un "plan de sécurit&eac ute;" qui propose une approche musclée de la délinquance. Le VLD ne fait ainsi que courir sur les traces des fascistes du Vlaams Blok qui proposent un "seuil de tolérance zéro" et une répression tous azimuts. A New York où ce "seuil de tolérance zéro" est appliqué, on ne compte plus les "bavures" où des policiers ont criblé de balles des innocents qu'ils avaient pris par erreur pour des délinquants.

Existe-t-il un problème de sécurité dans les grandes villes? Oui, assurément. Il y a quelque temps, les travailleurs des TEC - les bus publics en Wallonie - ont mené plusieurs actions de grè ve notamment parce que la direction tardait à installer une cabine de sécurité pour les chauffeurs de bus. A Bruxelles, les travailleurs de la STIB ont mené une action spectaculaire, début mars, pour protester contre l'a gression de chauffeurs par des groupes de jeunes. Pendant deux jours, ils ont fait rouler le métro, les bus et les trams sans faire payer les passagers.

L'insécurité dans les transports publics résulte avant tout de l'insécurité dans la société. Faute de pouvoir trouver un emploi, de nombreux jeunes traînent dans les quartiers, sans revenu, alors que tout coûte cher. Au lieu de mettre plus de policiers dans les rues, il faudrait permettre à ces jeunes d'avoir un emploi.

A Bruxelles, la STIB va renforcer les équipes de contrôleurs. Mais quelques dizaines de contrôleurs en plus ne changeront rien à la situation. Les agressions se déroulent surtout dans les transports publics car les sociétés de transport ont, au fil du temps, supprimé beaucoup de personnel. Avant, dans les trams et dans les bus, il y avait deux membres du personnel: l'un conduisait, l'autre vendait les billets. Aujourd'hui, le con ducteur doit tout faire seul. Dans le métro bruxellois, le soir il n'y a plus de personnel dans les mezzanines des stations. La présence de ce personnel qui vend des billets et renseigne les voyageurs accroîtrait pourtant le sentiment de sécurité.

Mais dans l'ensemble, l'insécurité urbaine n'est que le résultat de ce que la société a produit: chômage, décrochage scolaire, trafic de drogue ou d'objets volés,... Et de surcr oît, la campagne de certains partis sécuritaires focalisant l'attention sur la délinquance urbaine et permet de garder le silence sur les fraudes de haut vol (Kredietbank, commission européenne).

Geert Cool

 


Le Militant
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