Manifestation du 7 mars à Clabecq
5.000 fois stop au procès de Nivelles
Il y avait environ 5.000 manifestants dans les rues de Clabecq ce dimanche 7 mars pour demander l'arrêt du procès de Nivelles. Certains journaux (Le Soir, Le Matin) n'en ont vu que 500! C'est fou ce qu'on est bien informé avec un journal "neutre"!
Des travailleurs et des délégations syndicales étaient venus de tout le pays: Caterpillar, VW, Cockerill Sambre, Bekaert, Duferco, Spa-Monopole, Carrières du Hainaut, AMP, STIB, TEC, SNCB, La Poste, ULB, VUB, hôpitaux bruxellois, enseignants,... Parmi les responsables syndicaux, on trouvait notamment: André Beauvois (CGSP Liège), Jacques Yerna (ancien président de la FGTB Liège), Gust Haverbeke (CGSP Limbourg), Pol Lootens (Centrale Générale), Jean-Marie Piersotte (Centrale nationale des Employés CSC), des secrétaires du SETCa, Aimé Lacroix (FGTB Charleroi). Gino et Carine Russo avait tenu à être présents, de mê me que Vincent Decroly (parlementaire Écolo).
Les conditions dans lesquelles se déroule ce procès (absence de publicité, dossier instruit par la gendarmerie qui s'est elle-même constituée partie civile,...) et la mobilisation de nombreux sympat hisants lors des séances du tribunal à Nivelles commencent à porter leurs fruits. De plus en plus de travailleurs et de militants syndicaux prennent conscience du fait que la criminalisation des travailleurs de Clabecq servira d'exemp le pour de futures luttes ouvrières. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si Michel Nollet a fait volte-face quelques jours avant la manifestation en réclamant l'arrêt des poursuites (voir ci-dessous).
(Encadré)
Coup de gueule
Voici quelques extraits de la chronique du chanteur et comédien Claude Semal dans le bulletin de résistance culturel Le chien écrasé(*)
Un procès à vomir
«Grandes gueules peut-être, combatifs et intègres sûrement, les "13 de Clabecq" ont déjà perdu leur emploi et leur revenu. Tous risquent aujourd'hui plusieurs mois de prison ferme et des amendes astronomiques. Un paysan qui fait 50 millions de dégâts à Bruxelles, c'est un sujet de société. Un ouvrier qui bloque une autoroute avec un bulldozer, c'est un criminel à abattre.
A lui seul, D'Orazio a sur le dos plus de 30 inculpations. En ce moment, je me fous personnellement de savoir si Roberto est stalinien, anarcho-syndicaliste, PTB ou témoin de Jéhovah. C'est un frère de combat qu e des salauds accablent. (...)
C'est le "renouveau judiciaire". La justice, c'est pas fait pour juger les Derochette. C'est fait pour démettre les Connerotte, pour inculper les Bouffioux et pour ouvrir les Centre fermés. C'est pour juger les Marra, les D'Orazio et les lanceurs d'oeufs du Collectif contre les Expulsions. Personne n'aurait un petit sac en papier? J'ai juste un peu envie de vomir.»
Claude Semal
(*) Le Chien écrasé, 158 rue de la Victoire, 1060 Bruxelles
(Encadré)
Achetez le CD de la solidarité!
Lorent Wanson a écrit, composé et interprété la chanson Ceux de Clabecq (en français et en néerlandais). Le CD coûte 200F. Le produit de la vente sert exclusivement au profit de l'asbl Défense des Travailleurs qui assume les frais de procès. Achetez ce CD! C'est un geste de solidarité militante. Versement au compte n° 001-3089174-91 de Militant Promo avec la mention "CD Clabecq". Ajoutez 50F pour les frais d'envoi.
Volte-face
Michel Nollet demande l'arrêt des poursuites
Au cours d'une conférence de presse tenue le 1er mars, le président de la FGTB a notamment déclaré: «L'article 66, qui fonde le procès Clabecq, constitue un véritable danger pour la d&ea cute;mocratie puisqu'il permet de condamner tout "meneur" portant atteinte à la liberté du travail par des discours, des écrits ou des emblèmes. Va-t-on mettre en prison ceux qui portent un drapeau de la FGTB?» Cette volte face de Michel Nollet reflète le malaise qui commence à monter dans l'appareil syndical face à la sympathie suscitée dans le monde du travail.
La séance mémorable du tribunal de Nivelles où 500 manifestants ont occupé le palais de justice après que le juge ait congédié les participants au procès après quelques minutes d'audience a frappé les esprits. Le fait que plusieurs centaines de travailleurs de Boël étaient venus soutenir les prévenus a sans doute sonné aux oreilles des bonzes syndicaux. Dans son communiqué, Nollet mentionne: «Un drame identique est en train de se jouer dans le même secteur, à quelques kilomètres de là, je fais évidemment allusion à Boël.»
Mais il n'y a pas que cela. Des initiatives telles que la pétition lancée par le SETCa de Bruxelles («La solidarité d'abord!»), même si elle prend ouvertement ses distances par rapport à la strat&ea cute;gie de la lutte des Forges, pèsent également.
Il faut mettre à profit cette prise de position pour relancer auprès des délégations syndicales la solidarité. Beaucoup de délégués hésitants vont en effet interpr&eacut e;ter la volte face de Nollet comme un feu vert pour prendre position contre ce procès inique.
Francine Dekoninck
"Infiltration" du PTB dans la FGTB
La gauche syndicale dans le collimateur
Le jeudi 4 mars, les quotidiens Le Soir et Le Matin dénonçaient "l'infiltration" du PTB stalinien dans la FGTB, et particulièrement dans le SETCa de Bruxelles. La photocopie d'un document interne attribué au PTB et reprenant le nom de responsables syndicaux accompagnait l'article du Soir.
La manoeuvre est évidemment assez grossière. En publiant dans la presse de telles informations, les journalistes du Soir au Matin ne visaient pas seulement le PTB, mais aussi toute la gauche syndicale, y compris des ce ntrales telles que le SETCa de Bruxelles et la FGTB de Bruxelles qui adoptent parfois des positions à gauche de l'appareil national.
D'où vient la manoeuvre? Bénédicte Vaes (Le Soir) n'a jamais ménagé ses vacheries contre les travailleurs. Non seulement contre ceux de Clabecq, mais contre tous les autres en général : à l'époque où Michel Hansenne était ministre du travail, elle lui cirait les chaussures en vantant les mérites de la flexibilité. David Coppi (Le Matin) était attaché de presse de Busquin avant de sévir au Matin. Ce sont donc les voleurs qui crient «Au voleur!». Car s'il y a bien des partis qui infiltrent la FGTB et manipulent son sommet, ce sont bien le PS et le SP. La faible audience qu'ils récoltent à la base les condamnent à manipuler par des pressions le sommet syndical pour faire accepter l'austérité.
Cette attaque publique contre la gauche syndicale réclame la vigilance la plus grande contre toute manoeuvre d'exclusion de la part de l'appareil syndical. Le Mouvement pour le Renouveau syndical (MRS), le seul regroupement o ppositionnel de gauche actuellement existant, est particulièrement visé, mais aussi tous les militants syndicaux combatifs. Face à ces manoeuvres, la gauche syndicale ne peut se laisser diviser.
Militant ne partage ni la politique stalinienne du PTB ni la politique patronale du PS. Nous sommes partisans d'une société socialiste démocratique, et ce n'est certainement pas le projet du PTB et encore moins du PS. Mais sur le plan syndical, nous défendons le syndicalisme de combat et la démocratie syndicale, c'est-à-dire le droit de débat et de décision démocratiques dans les syndicats en respectant l'avis de la base .
L'aile droite syndicale est organisée dans l'appareil de la FGTB autour du PS et du SP. La gauche syndicale doit aussi s'organiser si elle veut faire entendre sa voix. Dans ce sens, le MRS est un premier noyau d'opposition qu 'il faut développer et élargir.