SNCB

Non à la surenchère communautaire!

Johnny Van De Rijse, président de l'aile flamande de la CGSP-Cheminots, a déclaré à l'hebdomadaire Knack qu'il était en faveur de la régionalisation de la SNCB. Il s'en prend aux cheminots wallons et met prudemment en question la structure nationale de la FGTB. Ces déclarations ont provoqué la colère de beaucoup de militants. Nous avons interrogé Luc Maes, vice-président de la section de Gand de la CGSP-

Cheminots.

 

E.B.: - Quelles sont les réactions à cette déclaration?

L.M.: - «La CGSP-Cheminots de la Flandre orientale a voté un motion pour le maintien d'une entreprise et d'un syndicat national. De même pour la CGSP-Cheminots de Bruxelles, pour les pensionnés de Bruxelles et - dans une version atténuée - pour la CGSP-Cheminots de Louvain. Ces motions viennent de la base. Le Bureau de l'Interrégionale flamande de la CGSP-Cheminots s'est exprimé à son tour contre la régionalisation et pour le maintien d'un syndicat national. Cela désavoue Van Den Rijse dont l'avenir est désormais suspendu à un fil.»

 

E.B.: - Quels sont les désavantages d'une régionalisation syndicale?

L.M.: - «Bien que la CGSP soit un peu plus forte que la CSC en Flandre, le rapport de forces est surtout important chez nos camarades de Wallonie. La régionalisation syndicale ne peut qu'affaiblir la CGSP-Cheminots en Flandre, à la fois dans les organes de négociations comme dans les luttes. Il est plus facile de lutter ensemble. Il y a déjà suffisamment de tensions entre les ateliers de Malines et de Salzinnes pour la répartition du travail.»

 

- E.B.: - Van Den Rijse plaide d'abord pour la régionalisation de la gestion du personnel?

- L.M.: - «C'est vrai que 48% des cheminots travaillent en région francophone. Mais lors des mesures de réduction d'effectif dans le passé, les cheminots de Wallonie ont mieux résisté. Il manque du personnel en Wallonie, surtout chez les machinistes, les conducteurs et les sous-chefs. Mais en Flandre le manque d'effectif est encore plus grand. Il faut dire que les conditions d'embauche ne sont pas terribles: on gagne moins que dans le privé et, si dans le temps , c'était compensé par la sécurité d'emploi et une bonne pension, ce n'est plus le cas aujourd'hui.»

 

- E.B.: Une régionalisation accélérerait-elle la privatisation?

- L.M.: «Je ne sais pas. Ce qui est clair, c'est que cette idée ne vient pas de Van Den Rijse, mais du SP. Voilà déjà un bon bout de temps que Van Den Risje sabote la CGSP nationale. Au congrès de mai 1996, on a voté clairement pour unité de la SNCB et pour l'unité du syndicat, avec José Damilot comme président national. Les déclarations Van Den Rijse vont à l'encontre des décisions du congrès.»

 

- E.B.: Que va-t-il se passer maintenant?

- L.M.: «Damilot a pris contact avec tous les permanents flamands. Ils ont à l'unanimité pris position pour l'unité du syndicat et de l'entreprise. Van Den Rijse devrait normalement démissionner.»

Propos recueillis par Éric Byl

 



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