Boël, VW, La Poste,...

Le capitalisme détruit l'emploi

Par Francine Dekoninck

 

A La Louvière, plusieurs milliers de familles sont plongées dans l'angoisse. Le groupe Hoogovens, qui a repris l'usine sidérurgique Boël il y a peu de temps, vient d'annoncer la fermeture du four électrique, de la coulée continue et du laminoir à chaud. 800 emplois vont disparaître sur 1.500, mais il est probable que les 700 emplois restants seront liquidés sous peu. Si on tient compte des sous-traitants et du commerce local, ce sont des milliers de familles qui vont se retrouver dans la précarité. Car Boël était la dernière grande entreprise de la région du Centre. Pendant des décennies, cette région a été un foyer industriel important qui a drainé de nombreux travailleurs venus de Flandre, puis d'Italie. Pendant un siècle, les capitalistes, rois du charbon et de l'acier, ont bâti leur fortunes colossale grâce à la sueur de centaines de milliers de travailleurs. Puis ils sont partis les poches pleines, comme le dernier héritier de la famille Boël qui vient de déclarer qu'il abandonnait toute activité sidérurgique. Certains diront peut-être qu'il s'agit d' une « vieille » industrie condamnée à disparaître ?

Mais chez Volkswagen à Forest, plus d'un millier d'emplois sont menacés : plus de 1.000 sur la chaîne, 20% des employés. Il s'agit pourtant là d'une usine ultra moderne faisant partie d'un groupe multinational puissant . Dans l'espoir de ravir à leur concurrents des parts de marché, toutes les multinationales de l'automobile ont largement investi pour accroître leur capacité de production. Rien que pour l'année 1999, il y a dans le monde une surcapacité de production 26 millions de voitures soit l'équivalent d'une centaine d'usines comme celle de VW/Forest ! De plus, pour les travailleurs qui garderont (provisoirement ?) leur emploi, VW propose defaire tourner ses installations 24 heures sur 24, six jours par semaine. Le capitalisme détruit non seulement l'emploi, mais détruit aussi la vie de famille en subordonnant tout à la production. Au lieu de mettre la machine au service de l'homme, c'est l'inverse.

Dans les services publics, ce n'est guère mieux. Le sdirectives européennes relatives à l'ouverture des marchés soumettent les ervices publics à la compétitivité. Cette soumission aux lois du marché se fait prétendument à l'avantage du consommateur qui pourrait ainsi faire un choix entre différentes sociétés offrant un meilleur service à un prix plus avantageux. Mais une récente enquête sur la privatisation de Belgacom montre que le consommateur moyen a vu sa facture de téléphone augmenter depuis la privatisation. Il n'y a que les gros consommateurs, c'est-à-dire les entreprises, qui peuvent réellement choisir leurs fournisseurs. De plus, le nombre de plaintes concernant la qualité du service n'a jamais été aussi élevé. De surcroît, Belgacom a supprimé 6.500 postes de travail.

A La Poste, les réductions massives d'emploi sont en préparation. Rien qu'à Bruxelles, on prévoit la perte de 500 postes. Dans quelles conditions devront travailler les facteurs qui conserveront leur emploi ? Dans le secteur public, comme dans le privé, la concurrence capitaliste tue l'emploi, jette à la rue des milliers de travailleurs, rend les conditions de travail intenables pour ceux qui conservent leur emploi, et détruit le service au public. Car le capitalisme n'a pas pour objectif ni de fournir à chacun un emploi convenable avec un salaire décent, ni de développer des ervices au public. Seul le profit des actionnaires compte, et le reste peut crever.



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