Volkswagen /Forest

Défendre pied à pied chaque emploi

Depuis plusieurs mois, l'usine VW de Forest ne parvient pas à suivre le planning de production en raison de nombreuses pannes techniques et faute de pièces livrées à temps. La direction du groupe VW vient de remplacer le directeur de l'usine de Forest, Ackermans, par un trio de managers venus d'Allemagne .

Début février, ce trio a annoncé un plan de «sauvetage»: suppression d'un millier d'emplois sur la chaîne, réduction du nombre d'employés de 20%, sous-traitance de l'informatique et de l'entretien technique de toutes les installations, licenciement accéléré en cas d'absentéisme, renforcement de la discipline, etc. Les ouvriers avec un contrat à durée déterminée seraient les premiers visés (713 contrats se terminent en décembre 1999).

De plus, ce trio infernal veut imposer un nouveau système d'équipes où le samedi deviendrait donc un jour «normal» de travail sans sursalaire. Ce plan de «sauvetage» signifie donc la perte de plus de mille emplois, un bouleversement des horaires et de la vie de famille de tous les ouvriers, une perte de revenus pour les ouvriers actuellement en équipe de nuit fixe (où les primes sont plus élevées), un renforcement des cadences et de la discipline.

Afin d'acculer les travailleurs, VW menace de délocaliser une partie de la production vers ses usines d'Espagne ou de Tchéquie. Les prévisions pour 1999 prévoient une surcapacité mondiale de production de 26 millions de voitures toutes marques confondues, soit l'équivalent d'une centaine d'usines comme celle de Forest!. En mettant en concurrence ses différentes usines, le groupe VW tente ainsi de dresser les ouvriers les uns contre les autres.

A Forest, les organisations syndicales ont réagi jusqu'à présent dans une certaine confusion. La FGTB a diffusé un tract où elle conditionne la discussion sur la réorganisation du travail à la mise en ordre des installations. Une partie des délégués FGTB disent qu'il n'est pas question de remettre en cause la convention actuelle sur l'emploi d'application jusque fin 99, mais cela ne règle rien pour les temporaires dont le contrat se termine en décembre prochain. Des assemblées d'informations ont eu lieu, mais pas dans toutes les équipes. La FGTB a ensuite proposé un nouveau système d'équipes, mais n'affirme pas de position claire sur le maintien global de l'emploi.

Face aux provocations patronales, il faut unir tous les travailleurs (temporaires et définitifs) sur une position ferme: pas une seule perte d'emploi. Le trio de managers affirme: «Nous voulons atteindre une production de 1.000 voitures par jour. Nous nous battrons pour chaque véhicule!» La réponse des travailleurs doit être: «Nous nous battrons pied à pied pour chaque emploi. Pas une seule perte d'emploi!»

L'arrogance avec laquelle la direction avance ses revendications est suspecte. A-t-elle reçu des garanties de la part des directions syndicales nationales?

Guy Van Sinoy



Le Militant
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