Fusions dans le secteur automobile

 

Volvo à vendre?

Les économistes prévoient en effet une capacité excédentaire de production de 21 millions de véhicules dans le monde pour 1999. Les fusions et rationalisations - c'est-à-dire des licenciements massifs et des fermetures - sont donc à l'ordre du jour. Sur la quarantaine de constructeurs de véhicules automobiles, on estime qu'il ne restera plus que 5 grands groupes dans quelques années. On imagine le nombre de travailleurs qui vont se retrouver à la rue.

Ford a fait savoir qu'il était intéressé par Honda et par BMW, qui a repris il y a peu Rover. Honda et BMW n'ont pas répondu (pour le moment?) favorablement aux souhaits de Ford. Entre-temps, les travailleurs de Rover ont subi les conséquences du rachat de leur groupe par BMW: augmentation de la productivité et de la flexibilité.

Volvo ne produit annuellement que 400.000 voitures (1,7% du marché européen et à peine 1% du marché américain). Le groupe a fait savoir qu'il comptait soit vendre son département voiture soit au moins fusionner avec un concurrent. Comme candidats, on avance surtout les noms de Fiat et de Ford.

Les discussions avec Fiat sont sans doute le plus avancées, mais Ford n'a pas abandonné la partie, car le rachat de Volvo permettrait au groupe américain de faire son entrée dans le segment des voitures de haut de gamme (ce qui a déjà en partie possible avec le rachat de Jaguar) et en même temps de promouvoir Volvo sur le marché américain.

Ford a d'autre part les reins plus solides que Fiat.

L'usine Volvo de Gand produit annuellement 152.000 véhicules, soit plus du tiers de la production du groupe. Volvo a, pour le moment, passé des accords avec les pouvoirs publics garantissant le maintien de l'usine de Gand, mais rien ne garantit ce que fera un éventuel repreneur. Ford maintiendrait-il, par exemple, deux usines de montage en Belgique?

Tous les délégués et les militants syndicaux de tout le secteur automobile doivent se préparer à une formidable bataille car ce sont des dizaines de milliers de postes de travail qui seront en jeu en Europe. La lutte à Renault/Vilvorde a montré que les travailleurs ne peuvent gagner s'ils restent isolés et que tout le secteur doit entrer en lutte pour sauver l'emploi. Les directions syndicales seront sans doute prêtes à capituler après quelques actions symboliques. D'où l'importance d'organiser une opposition de combat au sein de la FGTB et de la CSC.

Les porte-parole des capitalistes avanceront sans doute l'argument que le marché européen est trop étroit et que les fermetures sont inévitables. L'expérience et la qualification des travailleurs du secteur peuvent être mises à profit pour développer la production de meilleurs transports publics où les besoins de la population ne sont certainement pas couverts.

 

Tom Vanstiphout


Le Militant
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