Agression anglo-américaine contre l'Irak
Condamnez les bombardements!
Halte à l'embargo!
Du 16 au 19 décembre, l'aviation militaire américaine et britannique a bombardé l'Irak. Le motif invoqué était un rapport de l'inspecteur en chef de l'Unscom (mission de désarmement de l'Irak) Butler - en fait un espion au services des États-Unis - au Conseil de sécurité de l'ONU, qui reflétait que l'Irak ne collaborait pas au contrôle de ses "armes de destruction massive" (armes de destruction massive que les États-Unis et la Grande-Bretagne détiennent bien entendu à grande échelle!). Cela a provoqué immédiatement de vives réactions, notamment compte-tenu du calendrier de l'agression: la veille du jour où la chambre des représentants américaine devait voter le début de la procédure de destitution de Clinton en rapport avec l'affaire Lewinsky.
L'intention de Clinton de repousser la discussion sur la procédure de destitution après le nouvel an - espérant conclure d'ici là un accord avec la nouvelle chambre élue en novembre - a échoué. La nouvelle chambre n'a accepté qu'un délai de quelques jours et a voté le 20 novembre. Entre-temps, on a tiré sur l'Irak en quelques jours plus de missiles que pendant toute la guerre du Golfe de 1991.
Cette agression n'était pas seulement en rapport avec la position délicate de Clinton dans l'affaire Lewinski. C'est une tentative de repositionner les États-Unis comme gendarme du monde. Clinton et Blair mettent ainsi à nu leur hypocrisie et leurs ambitions impérialistes.
L'argument invoque le non respect par l'Irak des résolutions de l'ONU. Les dirigeants musulmans du monde entier s'empressent de répondre qu'Israël, pas plus que Milosevic, ne respectent pas les résolutions de l'ONU. La colère, à juste titre, dans le monde musulman sera récupérée par les islamistes pour renforcer leur position.
L'intervention militaire impérialiste n'a bien entendu rien à voir avec une prétendue aide à la population irakienne. L'embargo est avant tout une arme de destruction lente contre le peuple irakien. De 1988 à 1995, le revenu annuel par tête d'habitants est passé de 4.000 dollars à 330! 5.700 enfants meurent chaque mois, la mortalité infantile est passée de 25 à 90 pour mille de 1990 à 1994. Un million souffrent d'un déficit de croissance à cause de la sous-alimentation et des maladies. On estime à 1.200.000 le nombre d'Irakiens morts des suites de l'embargo.
En outre, Saddam Hussein a renforcé son appareil d'état dictatorial, qui opprime les peuples d'Irak, grâce au soutien des États-Unis et des grandes puissances européennes à l'époque où l'Iran est considéré par l'impérialisme comme l'ennemi n° 1 de la région. A l'époque, aucune protestation n'avait été émise par les gouvernements occidentaux lorsque Saddam Hussein avait utilisé des armes chimiques contre la population kurde d'Irak.
Les groupes d'opposition qui jouissent du soutien de l'impérialisme sont aussi peu dignes de confiance. Les puissances occidentales sont à la recherche d'un allié "fiable" pour perpétuer l'oppression et l 'exploitation des masses arabes, un allié avec qui ils pourraient collaborer comme ils l'ont fait avec Saddam Hussein avant 1990.
Il est très improbable que les États-Unis et la Grande-Bretagne renforcent leur position dans la région après ces bombardements. Aucun dirigeant arabe n'a osé soutenir ouvertement l'agression. Il s 'agit là d'une grande différence avec la guerre du Golfe de 1991. La coalition autour des États-Unis s'est aujourd'hui effondrée. La France a pris ses distances de la politique des États-Unis dans l'espoir de tirer profit de la haine croissante à l'égard de l'impérialisme américain et tenter de renforcer son influence dans la région. La Russie a adopté une attitude semblable.
Quoi qu'il en soit, les Nations-Unies ont une fois de plus montré leur incapacité d'agir sans l'aval des grandes puissances. Les Nations-Unies servent de rideau de fumée "démocratique" pour masquer les intérêts de l'impérialisme quand il est possible de dégager une position commune. Quand il n'y a pas de position commune, on se passe de l'ONU. La structure des Nations-Unies repose sur des accords entre pays membres. Cela se traduit par la domination de cette institution par les grandes puissances.
Il devient de plus en difficile de se mettre d'accord entre grandes puissances quand la situation économique exigence une concurrence de plus en plus acharnée. De plus, depuis la chute du stalinisme à l'Est, l'ennemi commun a disparu et il y a désormais un immense territoire ouvert au marché "libre" à se disputer.
Malgré les illusions créées au cours des dernières années, il est utopique de croire que les Nations-Unies peuvent présenter une alternative. Un changement réel dans le monde, la résistance à l'oppression à la pauvreté et aux diktats de l'impérialisme ne peuvent venir que des masses pauvres, sous la direction de la classe ouvrière.
Pour mettre fin à la situation intolérable d'un monde dominé par la soif de profit, tant dans le cadre de la lutte contre un potentat local que sur le plan international, il faut que la lutte contre le capitalisme débouche sur une société socialiste où les richesses immenses de notre planète seront arrachées des mains d'une petite minorité pour répondre aux besoins de toute l'humanité.
Nous avons publié en brochure la déclaration du CIO sur les bombardements en Irak. Vous pouvez obtenir cette brochure en versant la somme de 35F (port inclus) au compte n° 001-3089174-91 de Militant Promo avec la mention "Déclaration du CIO".