Miet Smet relance la chasse aux chômeurs

La ministre de l'Emploi et du Travail Miet Smet veut modifier la réglementation du chômage afin de mieux contrôler la "disponibilité" des chômeurs. Elle propose que l'ONEm exerce un contrôle systématique annuel sur tous les chômeurs - y compris les chefs de famille et les isolés - en leur imposant de prouver qu'ils ont de façon active recherché un emploi.

Contrairement aux accusés qui bénéficient de la présomption d'innocence devant le tribunal, les chômeurs ne bénéficient pas de la même présomption lorsqu'ils comparaissent devant le tribunal de l'ONEm. C'est à eux de prouver qu'ils sont "innocents".

Cela signifie notamment que les demandeurs d'emploi devront montrer qu'ils sont prêts à accroître leur mobilité (en achetant par exemple une voiture) pour rechercher un emploi loin de leur domicile. Qu'ils sont prêts à changer de qualification (en reprenant des études). Qu'ils sont prêts éventuellement à accepter un poste dans une Agence locale pour l'Emploi (les petits travaux "rémunérés" à 150F l'heure) pour se réinsérer dans le marché du travail. Qu'ils sont prêts à accepter un contrat d'une semaine dans une agence d'intérims. Sans quoi, les sanctions d'exclusion ou de suspension pleuvront. Même pour les chefs de famille et les isolés.

Avec la crise, les entreprises de travail intérimaire n'ont jamais connu une telle prospérité. Chaque jour, plusieurs dizaines de milliers d'intérimaires travaillent sans souvent savoir si leur contrat sera renouvelé la semaine suivante. Pas question pour eux de participer aux élections sociales et encore moins de faire grève.

Chômeurs, attention! Tout comme les demandeurs d'asile, on vous considérera d'office comme des menteurs potentiels.

Travailleurs qui avez encore un emploi, attention! Demain vous risquez de vous retrouver dans la même charrette, car avec la crise qui s'annonce les licenciements et les fermetures vont se multiplier.

Ce que Miet Smet ne dit pas, c'est que les entreprises, au lieu d'amasser les profits, doivent engager. Ce qu'elle ne dit pas, c'est que les 6.500 postes supprimés chez Belgacom auraient pu fournir un emploi à pas mal de ceux qui piétinent dans la file des chômeurs.

Ce qu'elle ne dit pas, c'est que la société dans laquelle nous vivons, le capitalisme, est incapable de fournir un emploi convenable et un salaire décent à chacun.

Depuis des mois, tous les partis au gouvernement nous ont seriné qu'il fallait "mettre l'humain au centre des préoccupations". Mais au lieu de donner la priorité aux besoins, ils donnent la priorité à la compétitivité, aux critères de Maastricht et aux dividendes qui s'amassent dans les coffres-forts des banques et des centres de coordination.

La FGTB, Écolo et Agalev ont protesté contre le projet de Miet Smet. Même le PS et le SP, qui siègent pourtant dans le même gouvernement que Miet Smet, ont même protesté. Mais à part ces protestations verbales, que sont-ils prêts à faire? Organiser la lutte? Les uns (PS et SP) ont abandonné la lutte de classes, les autres (les verts) n'en ont jamais parlé.

Et pourtant, la lutte de classes a été le seul moyen pour arracher la classe ouvrière à la misère, pour interdire le travail des enfants, pour conquérir la sécurité sociale, la journée des huit heures et le droit de vote. Aujourd'hui, comme hier, c'est la seule voie qui permettra aux travailleurs de résister aux assauts croissants de la bourgeoisie et de ses représentants politiques. Il n'y a pas d'autre moyen!

Els Deschoemacker

Le Militant
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