Arrêt des poursuites contre ceux de Clabecq!

"Pendant des années, on a voulu faire croire aux travailleurs du pays que les fermetures sont une fatalité. Une sorte de démoralisation s'est installée, voulue et programmée par les gens du système. Elle consiste à dire: vous voyez, partout où les travailleurs se sont battus, cela n'a servi à rien. Or à Clabecq, cela s'est passé autrement. Nous avions cet esprit de ne pas accepter l'exclusion, le chômage, la misère et l'injustice. Nous avons mené ce combat pour arriver finalement à un résultat positif, le redémarrage de l'usine. (...) Mais ils ne veulent pas que ce soit une victoire. L'enjeu de la lutte est donc important et nous voulons continuer à mobiliser les gens. Les poursuites judiciaires font partie et sont la continuité inévitable de la lutte de Clabecq."(1)

Ces paroles de Roberto D'Orazio résument l'enjeu du procès politique monté par la bourgeoisie et son appareil judiciaire contre treize travailleurs des Forges de Clabecq. Roberto D'Orazio et Silvio Marra, dirigeants de la lutte, sont particulièrement visés: ils risquent des années de prison et des amendes de plusieurs millions de francs alors qu'ils sont chômeurs.

La citation se réfère à un article du code pénal qui réprime les actes en tant que tels, l'aide apportée ainsi que les incitations (orales ou écrites) à les commettre. C'est une loi adoptée par la bourgeoisie en 1887 après les grandes grèves pour le suffrage universel. Cette loi n'a depuis lors jamais été appliquée.

C'est le devoir de tout travailleur conscient de s'opposer à ce procès politique. Il est inadmissible d'assimiler des grévistes qui se battent pour l'emploi à des délinquants de droit commun. Il faut réclamer non pas l'acquittement, mais l'abandon des poursuites, c'est-à-dire que le procès n'ait pas lieu.

Alors qu'une condamnation des travailleurs de Clabecq représenterait une atteinte grave à l'ensemble du monde du travail et un précédent sur le plan juridique, les directions nationales interprofessionnelles de la FGTB et de la CSC restent jusqu'à présent muettes. Seront-elles les complices passives de ce procès inique?

Pourtant au sein du mouvement syndical des voix de plus en plus nombreuses se font entendre pour soutenir les travailleurs poursuivis. Albert Faust, secrétaire général du SETCa de Bruxelles "appelle les démocrates à protester contre la tenue du procès de la répression contre les militants syndicaux de Clabecq". André Beauvois, secrétaire général de la CGSP de Liège déclare: "le syndicat a le devoir sacré d'assurer la défense (de ceux de Clabecq) pour des actions menées à l'époque en son nom. Il y va de notre crédit devant les militants." Gust Haverbeke, secrétaire général de la CGSP du Limbourg annonce: "Je serai présent au procès contre les camarades de Clabecq. Je ne veux pas oublier leur engagement, leur lutte.(...) S'ils perdent le procès, les conséquences pour le mouvement ouvrier sont incalculables." Jean-Marie Ansciaux, ancien président de la CGSP-Enseignement: "Certains responsables de l'appareil de la FGTB ont montré jusqu'où ils étaient capables d'aller: jusqu'à l'exclusion de ceux qui dérangent. Un syndicat digne de ce nom n'abandonne jamais les siens. (...) Merci à D'Orazio et merci à tous les travailleurs de Clabecq".

La délégation syndicale FGTB de Caterpillar a lancé une motion de solidarité (voir page 4). Signez et faites signer cet appel. Tous au tribunal de Nivelles le jeudi 26 novembre ainsi que les 2 et 3 décembre à 8 heures! Apportez vos drapeaux syndicaux et des panneaux avec le nom de votre entreprise ou de votre secteur! Abandon des poursuites contre ceux de Clabecq!

Francine Dekoninck

Militante CGSP

---------------------

(1) Debout!, Roberto D'Orazio, p.131, Ed. EPO, Bruxelles.

Le Militant
Hosted by www.Geocities.ws

1