Une interview de Silvio Marra
Au travail pour réussir la mobilisation à Nivelles!
Nous avons interrogé Silvio Marra, ex-délégué des Forges de Clabecq sur le bilan de la manifestation à Charleroi et sur la prochaine échéance à Nivelles.
- Le Militant: Quel bilan fais-tu de la marche à Charleroi?
- Silvio Marra: C'est un résultat inespéré quand on voit que la presse a complètement boycotté l'annonce de la marche et que les structures syndicales ont donné des consignes pour ne pas participer, voire même menacé d'exclusion du syndicat des militants qui voulaient y aller. Dans ces conditions, avoir rassemblé 5.000 personnes est un grand succès, d'autant plus que la météo n'était certainement pas avec nous.
- LM: Comment s'annonce la mobilisation au tribunal de Nivelles?
- SM: Pour Nivelles, il y a deux aspects. D'abord, de plus en plus de gens ont pris conscience de la nécessité de défendre les travailleurs qui se sont portés en première ligne pour défendre l'emploi de tous. Le mot d'ordre de mobilisation est facile à faire passer. Par contre, comme c'est en semaine, les gens travaillent et cela rend plus difficile la présence massive de travailleurs. Beaucoup d'entre-eux devront prendre congé pour venir apporter leur soutien, y compris certains militants syndicaux, car l'appareil n'accordera certainement pas de congés syndicaux pour cette mobilisation.
Cela signifie donc qu'il faut que tous les militants qui nous soutiennent travaillent d'arrache-pied pour élargir la mobilisation au maximum.
- LM: As-tu des échos de réactions au sein des organisations syndicales?
- SM: Nous avons des échos favorables selon lesquels on discute ferme dans certaines régionales ou certaines centrales pour venir nous soutenir à Nivelles. D'autre part, nous apprenons que le Comité provincial des métallos FGTB de Bruxelles (CMB) appelle à manifester à Bruxelles, devant le palais de justice, le même jour à la même heure. C'est clairement une opération de diversion qui vise avant tout à restreindre le nombre de manifestants à Nivelles, à faire pression sur les travailleurs du métal de Bruxelles, et en se donnant par dessus le marché bonne conscience d'avoir fait "quelque chose". Le procès a lieu à Nivelles et pas à Bruxelles. C'est donc à Nivelles qu'il faudra être, tous ensemble au lieu de morceler nos forces.
Propos recueillis par Guy Van Sinoy