France
Une nouvelle génération de lycéens en lutte
Le mouvement a démarré à Montpellier et à Marseille début octobre. Puis il s'est étendu à l'ensemble du pays comme une traînée de poudre. Plus de 30 villes ont vu défiler des manifestations de masse. Le 15 octobre, ils étaient plus de 500.000 lycéens dans la rue!
Les lycéens exigent de plus petites classes, 100.000 enseignants de plus, la rénovation des écoles et la construction de nouvelles écoles. Le mouvement s'est étendu de manière tellement rapide et ne semble pas retomber après un mois d'actions, la presse parle d'une *génération spontanée hyper motivée+.
Le gouvernement et le ministre de l'Education nationale Claude Allègre (PS) font des pieds et des mains pour récupérer le mouvement. Allègre a promis de créer 14.000 d'emplois supplémentaires, d'augmenter l'enveloppe budgétaire de l'Éducation nationale de 4,5 millions de francs français (25 milliards de francs belges) et d'instaurer une *démocratie lycéenne +.
*C'est insuffisant et c'est tard!+ ont répondu les lycéens. L'engagement de 14.000 enseignants n'est qu'une goutte d'eau dans l'océan. En outre, Allègre s'en prend au statut des enseignants. Ainsi, 10.000 de ces 14.000 emplois seront des *emplois jeunes+ avec des contrats temporaires . Allègre fait semblant d'ignorer qu'il a licencié 3.200 éducateurs il n'y a pas longtemps.
Les autres promesses sont également équivoques. L'enveloppe budgétaire supplémentaire est à charge des régions, ce qui est impossible à supporter dans les départements pauvres. La démocratie lycéenne promise par le ministre n'est qu'une manoeuvre pour rendre les lycéens co-responsable de la politique menée.
Comme en Belgique le terme à la mode est *responsabilisation+. C'est-à-dire faire en sortent que chaque établissement scolaire applique ses propres mesures d'austérité dans le cadre d'une enveloppe budgétaire imposée à l'établissement. Le gouvernement Jospin accepte la dictature de Maastricht et ne veut pas augmente le budget de l'Éducation nationale. Il sait aussi que s'il lance des mesures concrètes d'austérité il risque d'être confronté à la mobilisation nationale des lycéens. C'est pourquoi il préfère laisser les écoles se débrouiller en ce qui concerne la gestion du personnel, l'achat du matériel pédagogique et les autres dépenses.
Les établissements scolaires qui ne pourront couvrir leurs dépenses avec le budget alloué devront trouver d'autres sources de revenus. Où? Les écoles d'élite se tourneront vers les parents et les entreprises. Dans les banlieues, ça risque de ne pas marcher. Les établissements scolaires devront y dispenser un enseignement au rabais pour faute de moyens suffisants.
De notre corespondant