Universités

Nouveaux combats à mener

La rentrée vient à peine de commencer. Déjà se profilent de nouveaux défits. D'abord,la lutte pour le droit d'asile. Le meurtre de Sémira Adamu a provoqué un traumatisme profond dans la communauté étudiante, surtout à l'ULB où 2.000 étudiants se sont mobilisés le 25 septembre. Tobback est parti, mais la lutte pour le droit d'asile est loin d'être finie. Le prochain rendez-vous est la manifestation unitaire à Vottem le 4 octobre.

Sur le terrain étudiant proprement dit, le Parlement de la Communauté française vient de voter le décret du ministre de l'enseignement supérieur William Ancion qui réforme le financement des universités. Le ministre présente ce décret comme une bouffée d'oxygène et une garantie de sécurité financière pour les universités. Le décret rompt définitivement le lien entre financement et nombre d'étudiants en allouant désormais à chaque université une enveloppe fixe indexée. Comme le nombre d'étudiants est actuellement stable, on ne doit sans doute pas s'attendre dans l'immédiat à des coupes budgétaires. Il est important aussi de signaler que le financement n'est plus lié à l'évolution du Produit national brut, c'est à dire à l'évolution de la richesse dans la société.

D'autre part, il n'y a aucune raison de croire que la population universitaire va régresser au cours des prochaines années. Le maintien d'un taux de chômage élevé et la campagne de culpabilisation du gouvernement visant à faire croire aux jeunes qu'ils restent sans emploi par manque de qualification ne peut que pousser les jeunes à continuer leurs études. Avec une enveloppe bloquée, on s'achemine inexorablement vers un goulot d'étranglement. Tôt ou tard, les recteurs désormais responsables de la gestion de leur enveloppe budgétaire ressortiront l'examen guillotine de sélection à l'entrée.

Le décret amorce également un remodelage du paysage universitaire francophone. Selon Ancion: "Il s'agira notamment de convaincre les universités d'aller vers une certaine spécialisation, qui est incitative pour le moment et qui sera contraignante dans trois ans en ce qui concerne les troisièmes cycles(1)". Concrètement cela signifie rationaliser l'offre d'enseignement en créant cinq pôles universitaires ultra performants qui fonctionneront comme des entreprises, selon l'impératif de rentabilité. Il faut, nous dit Ancion, "veiller à ce que les formations collent davantage au marché de l'emploi(2)". En clair: les patrons détermineront les formations à maintenir et celles qui passeront à la trappe. Gageons que les formations ne correspondant pas aux besoins immédiats des entreprises et du tertiaire seront dans le collimateur.

Ce ne sont donc pas les motifs de se mobiliser qui manquent. En collaboration avec Militant, des cercles de la Gauche étudiante marxiste sont en train de s'organiser sur les campus. Nous appelons tous les étudiants qui veulent agir à les rejoindre.

Thierry Pierret

-----------------------------------

(1) La Libre Belgique du 16/09/98.

Le Militant
Hosted by www.Geocities.ws

1