Clabecq, VW, Belgacom
contre les militants ouvriers!
par Francine Dekoninck
La bourgeoisie s'apprête à frapper durement les militants ouvriers combatifs. Treize travailleurs des Forges de Clabecq et de Renault sont traînés devant les tribunaux. 41 chefs d'accusation pèsent sur eux: cela va de la destruction de véhicules de gendarmerie à la menace d'attentat en passant par le fait de s'être battu avec les gendarmes. Ils risquent les travaux forcés.
L'accusation se base sur l'article 66 du code pénal qui réprime des actes commis, l'aide indispensable apportée pour commettre ces actes, l'incitation à commettre ces actes et l'incitation en public (tracts, discours). Roberto D'Orazio (41 chefs d'accusation) et Silvio Marra (24) sont particulièrement visés sur base du quatrième motif de l'article 66 (incitation en public). Ce paragraphe a été ajouté à l'article 66 par une loi de 1887, après les grandes ouvrières de 1886 pour le suffrage universel. Depuis lors, ce paragraphe n'a pratiquement jamais été appliqué.
Au delà ces ouvriers de Clabecq, c'est tout le mouvement ouvrier qui est visé car avec un tel texte, on peut condamner tout militant ouvrier ayant participé à une grève, une manifestation, un piquet, une occupation. Le seul "crime" des travailleurs de Clabecq est d'avoir combattu avec acharnement pour le maintien de leur emploi. A travers ce procès, la bourgeoisie veut intimider tous ceux qui refusent la logique capitaliste.
Si les ouvriers de Clabecq se retrouvent aujourd'hui devant les tribunaux, c'est notamment avec l'appui de politiciens qui ont présenté les travailleurs des Forges comme des délinquants et avec la collaboration des médias qui ont repris ces calomnies avec la bénédiction des appareils syndicaux.
A l'usine VW de Forest, la répression patronale et syndicale s'abat sur les travailleurs, les militants et les délégués combatifs. Plus d'une centaine d'entre-eux ont été convoqués à la direction "afin d'examiner dans quelle mesure ils peuvent continuer à faire partie du personnel..." Leur "crime"? Avoir participé activement à une grève pour écarter le médecin du travail qui avait refusé d'examiner une ouvrière malade. Ces menaces patronales ont été encouragées par le secrétaire la CSC/Métal de Bruxelles. Pour corser le tout, Jorissen, dirigeant national de la FGTB/Métal, a tiré dans le dos de ses propres militants en décrétant que toute grève spontanée chez VW ne serait plus reconnue par la FGTB d'ici la fin de l'an 2000! Il faut dire que Jorissen s'était déjà fait la main chez Renault en excluant de la FGTB Stan Vanhulle, un délégué combatif.
A Belgacom-Liège, les principaux délégués de la CGSP ont récemment été exclus du syndicat... pour avoir fait grève contre les conditions de travail déplorables. Quelques jours plus tard, une bonne centaine de travailleurs ont cessé le travail en solidarité avec les délégués exclus. Belgacom a alors obligé chaque gréviste à signer un document où l'intéressé déclarait choisir entre un jour de congé ou une jour d'absence injustifiée... car la direction nationale de la CGSP a informé Belgacom que la grève n'était pas reconnue!
Les coups pleuvent donc de tous côtés: juges, patrons et certains dirigeants syndicaux s'entendent comme larrons en foire pour porter des coups contre les travailleurs qui refusent les fermetures, l'arbitraire patronal ou les mauvaises conditions de travail. Il faut développer la solidarité la plus large pour défendre les victimes de la répression!
Encadré
Tous à Nivelles
le 30 septembre à 13h
où les ouvriers de Clabecq
comparaissent devant le tribunal correctionnel.