Déchets ménagers

50F le sac poubelle? Non merci!

Nous avons fait la connaissance de Julie et de son mari pendant notre campagne. Ils habitent le Bloemekeswijk à Gand, un quartier populaire. Els Deschoemacker les a interviewés.

- Qu'est-ce qui t'a décidé à agir contre cette mesure?

"Comme beaucoup de gens, je trouvais que faire payer un sac-poubelle 50F est un scandale. Mais je n'ai commencé à agir que lorsque j'ai entendu que d'autres avaient lancé une pétition. J'ai moi-même rédigé une pétition et j'ai fait la tournée de mon quartier. J'ai récolté environ 550 signatures en quatre soirées. Les gens étaient vraiment contents que quelqu'un fasse quelque chose."

- Comment es-tu entrée en contact avec nous?

"Lors de ma tournée dans le quartier, on m'a raconté que la fille de quelqu'un avait apposé à sa fenêtre une affiche contre la politique des déchets. Cette femme m'a appelé le lendemain pour me donner le numéro de téléphone. Je ne connaissais pas Militant et n'avais jamais été active auparavant."

- Comment as-tu trouvé la manifestation du 1er juillet?

"400 manifestants, je trouve ça excellent pour un début. Les slogans faisaient mouche. Les gens applaudissaient sur notre passage. La manifestation a donné le courage d'aller plus loin."

- Quel type de gens touches-tu avec la campagne?

"Aussi bien des familles que des isolés, des handicapés ou des personnes âgées. Nous avons surtout été soutenus par des locataires de logements sociaux qui vont devoir supporter le plus gros effort avec un revenu modeste. En plus de tous les autres coûts, voilà qu'il faut payer ces sacs au prix fort. C'est trop. Pour nous aussi, même si mon mari a un bon travail. Il ne nous reste plus grand-chose à la fin du mois, vous pouvez me croire. "

- Comment t'y prends-tu dans la campagne et où reçois-tu un soutien?

"En allant de porte en porte, en parlant avec les gens et en leur demandant d'aller avec moi sonner aux portes. Pour le moment une dizaine de personnes ont déjà promis de distribuer des affiches et de vendre des autocollants dans leur propre rue. Cette dernière activité est nécessaire pour payer les affiches et d'autres frais. Trois cafés nous soutiennent: nous pouvons y montrer une vidéo et parler de la campagne aux moments les plus animés. Nous plaçons des affiches chez le fleuriste et chez le libraire et, nous avons pu aller parler à la table où l'on sert le café de l'association des pensionnés. Je pense que ça vaut vraiment la peine d'aller plus loin. Nous n'irons nulle part en restant à nous plaindre à la maison. La majorité des Gantois a tout intérêt à protester. Reste à les convaincre tous de manifester dans la rue."

 

La lutte progresse

La manifestation du 1er juillet, jour de l'entrée en vigueur de la hausse du prix des sacs poubelles, a été une première étape couronnée de succès: 400 participants et le soutien des riverains.

Militant a dénoncé dès le début la thèse des autorités communales: cette mesure n'a rien à voir avec des considérations écologiques, c'est une opération purement financière. Avec la privatisation de l'intercommunale Ivago, les coûts de ramassage des déchets ménagers sont passés de 747 millions en 1994 à 1,015 milliard en 1995. La hausse du prix des sacs permettrait à la ville de récupérer 300 millions. Sous le prétexte du "pollueur payeur", les Gantois doivent faire les frais de la privatisation.

De plus, la privatisation a aussi entraîné beaucoup de pertes d'emplois contractuels et une augmentation des cadences de travail. La qualité du service s'est dégradée. Il y a assez de raisons de s'opposer à cette parodie de gestion!

Depuis octobre 1997, Militant parcourt quelques quartiers de la ville pour essayer d'organiser la résistance. Le succès de la manifestation du 1er juillet est un jalon sur la voie de la construction d'un mouvement de cette résistance. Les problèmes vont faire surface de jour en jour. Nous devons continuer, d'autant plus qu'il est fort probable que le prix augmente encore.

Dans une assemblée du SP dans un quartier, l'échevin Termont a affirmé que le principe du "pollueur payeur" devrait conduire à la prise en charge par toutes les villes européennes de l'entièrement du coût de la gestion des déchets. A Gand, cela fait 1,2 milliard. Une partie est actuellement supportée par les impôts locaux. Termont estime que l'on arrivera à 200F par sac poubelle!

Stop à la gestion du pouvoir communal qui brade au privé les services publics qui devraient être gratuits. Aujourd'hui, nous payons de plus en plus pour recevoir de moins en moins de services!


Le Militant
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