H comme hachisch
Les consommateurs de drogues douces n'ont pratiquement pas eu le temps de pousser un soupir de soulagement après l'annonce d'un "assouplissement" de la politique répressive à l'égard de la consommation de drogues douces en mai dernier. Dès juin, la police effectuait une rafle dans une école de Willebroeck. Cet été, les pandores se sont acharnés sur les jeunes qui assistaient à un concert de musique reggae à Geel.
Les spectateurs du festival ont été confrontés à un contingent massif de policiers accompagnés de chiens (ou l'inverse). Des centaines de personnes ont été trouvées en possession de drogues douces. Le prétexte invoqué était de coincer les "dealers". C'est la première fois que ce festival fait l'objet d'un contrôle d'une telle ampleur.
La commission parlementaire sur les drogues a l'intention de prévoir une explication plus claire a propos de la circulaire qui n'est manifestement pas lue par la gendarmerie, la police et certains parquets comme un signal pour aborder de manière plus souple la question.
Le véritable problème est que les politiciens qui veulent un assouplissement en la matière n'ont pas le courage de déposer une proposition de loi. C'est pourtant la seule façon d'éliminer les zones d'ombre.
La circulaire institutionnalise l'arbitraire: la police doit évaluer si quelqu'un a des "problèmes" de drogue. En fin de compte, celui qui a des "problèmes" (chômeur, habitant d'un quartier défavorisé) sera perçu comme utilisateur à "problèmes" alors que ses ennuis ne proviennent pas de sa consommation mais de sa situation sociale. C'est-à-dire de la politique menée par les dirigeants de ce pays qui n'offre pas d'avenir à toute une partie de la jeunesse.
Militant est partisan d'une dépénalisation totale de la consommation de toutes les drogues. Nous ignorons pas que la consommation de drogues peut à occasionner de sérieux problèmes chez une partie des consommateurs, mais nous pensons aussi que tant que la consommation sera considérée comme un délit, il n'y aura pas de solution pour ces gens. Une fois que la dépendance s'installe, il faut passer par un accompagnement médical, psychologique et social. Il faut être idiot pour croire qu'un personne asservie à la drogue pourra mettre fin à sa dépendance en prison.