Sans Papiers

NON AUX DÉPORTATIONS!

Le 21 juillet dans la soirée, j'ai participé à l'action de protestation au Centre 127 bis de Steenokkerzeel (un camp entouré de barbelés) contre la déportation d'une jeune femme nigériane. La même nuit, 29 personnes promises à la déportation se sont évadées du camp. 7 d'entre elles ont été reprises. J'ai interrogé Serge Thiry, porte-parole du Comité Contre les Expulsions.

Steven Groenez

- Quelles actions mène le Collectif contre les Expulsions d'Étrangers?

Serge Thiry: L'action est concentrée sur deux points les plus choquants. En premier lieu, les expulsions. Certains prétendent qu'il est possible d'expulser "humainement", dans le calme. Or on constate que c'est toujours d'une manière violente contraire aux Droits de l'Homme. Les responsable sont avant tout Louis Tobback, ministre de l'Intérieur, et la Sabena qui est activement complice. Lors des expulsions, des gendarmes interviennent, mais aussi des membres du personnel de sécurité de la Sabena. Sabena essaie de se justifier en disant d'abord qu'elle a une obligation légale, ce qui est faux. Ensuite, la Sabena prétend que cela se passe humainement. C'est un mensonge cynique. Nous avons des témoignages de membres du personnel de la Sabena à ce sujet: les déportés sont menottés, ligotés et scotchés pour les empêcher de crier. Dans les camps les réfugiés savent que dans l'avion on pourra encore leur faire quelque chose à l'abri des témoins, juste avant l'embarquement des passagers. C'est en ce sens, que nous faisons appel aux passagers et aux pilotes pour qu'ils refusent les déportations. Nous le faisons de façon pacifique, mais avec la plus grande détermination. L'autre point choquant concerne les conditions d'enfermement des réfugiés dans les camps.

- Quelles sont ces conditions de détention?

Serge Thiry: Ces personnes sont enfermées alors qu'elles n'ont aucun commis aucun délit. Simplement parce qu'elles ne disposent pas de papiers en règle ou parce que leur demande d'asile est refusée. Il y a là des hommes, des femmes et des enfants. Les détenus sont coupés de l'extérieur et ne peuvent avoir de contact qu'avec leur avocat. Dans ces camps existent des cellules d'isolement où l'on enferme arbitrairement ceux qui tentent de s'opposer à l'expulsion.

- Quelles sont les suites de l'évasion de 22 réfugiés du centre 127 bis de Steenokkerzeel le 21 juillet dernier?

Serge Thiry: Parmi les 7 évadés repris, une jeune fille de 16 ans a été rapatriée vers l'Albanie. Les autres sont toujours à la prison de St-Gilles et l'annexe de Berkendael. Nous avons vu une de ces personnes ce matin. Elle se trouve complètement isolée. C'est une punition parce qu'elle s'est évadée. Or, en Belgique, s'évader n'est pas un délit.

D'autre part, le fait qu'une centaine de personnalités s'engagent à héberger les évadés du Centre 127 bis, à les prendre en charge et à protéger ces personnes tant que l'État belge ne le fait pas, de manière à leur garantir des conditions de vie dignes et qui sont en adéquation avec les Droits de l'Homme est une étape supérieure de la lutte.

(suite de l'interview page 11)

Revendications du

Collectif contre les Expulsions d'Étrangers

- Arrêt de toutes les expulsions

- Fermeture des camps pour étrangers

- Abrogation des lois racistes

- Régularisation de tous les sans-papiers

Retour des déportés

 

 

 

 

Liège, 4 octobre

Manifestation contre l'ouverture du camp de détention de Vottem

Rassemblement: 14h, Hôpital de la Citadelle


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