Kazakhstan
Ionur Kurmanov, notre jeune camarade détenu pendant des mois dans des conditions très dures a été libéré à la fin de son procès. Le Comité pour une Internationale ouvrière a mené une intense campagne pour sa libération. A la fin du procès, Ionur a pu prendre la parole. Il a déclaré ceci au tribunal, devant un public composé en grande partie de sympathisants.
"Ni ce procès actuel, ni le verdict ne changeront mes convictions politiques. Une fois de plus, je dénonce ce procès criminel comme une provocation. Ni moi, ni mes camarades co-inculpés ici présents ne sont coupables.
Excusez mon langage, mais les représentants de nos autorités et les services secrets sont en train de faire dans leur culotte et en public, sous les yeux du monde entier.
Ce procès a dévoilé les mensonges et l'hypocrisie des autorités du Kazakhstan.
J'ai été détenu de façon préventive pendant quatre mois à la prison nE4. J'ai pu voir de mes propres yeux quel genre de personnes étaient emprisonnées: des gens dont le crime est d'avoir volé deux pots de cornichons, un sac de farine, un sac de pommes de terre ou un pot de confiture. A la prison nE4 croupissent des femmes enceintes, des bébés qui prennent le sein, des enfants de 12 à 13 ans, des handicapés.
Je suis sûr qu'il y a des représentants de la police dans cette salle d'audience. Je veux les regarder en face. Leurs cellules cérébrales abêties ne comprendront jamais les larmes des mères qui doivent nourrir leur enfant. Elles ne comprendront jamais les sensations d'un enfant affamé obligé de mendier à la sortie d'un magasin ou de fouiller les poubelles à la recherche de restes de nourriture. Elles ne comprendront jamais les vieux retraités contraints par la misère à la mendicité.
Je sais que je continuerai mes activités politiques, quelle que soit la prison ou le camp où l'on m'enferme. Je veux dire à tous mes jeunes camarades qu'ils doivent s'organiser contre le régime actuel. Ce régime ne va pas durer des siècles. Il durera jusqu'à ce que nous le mettions à terre. Je crois que ni moi ni mes camarades ne peuvent être touchés, quelle que soit la décision que prendra ce tribunal. Ma conviction s'est renforcée grâce aux personnes qui m'ont défendues au cours de ce procès. Et avant tout mes camarades de travail. Et c'est la seule légitimité dont j'ai besoin. Je n'ai besoin que du soutien de mes camarades. Ma vie appartient aux milliers, aux dizaines de milliers de déshérités, de démunis et d'affamés, pas aux généraux bien nourris qui ont gagné des distinctions honorifiques au cours de procès stupide et criminel. Merci."
(Une ovation éclate dans la salle et plusieurs personnes pleurent d'émotion. Le juge tente de calmer le tumulte!)