Elections de juin 99

La lutte a commencé

Bien que les élections ne soient prévues que dans un an, la plupart des partis ont déjà entamé la compétition. Du côté flamand, le CVP vient de tenir un congrès destiné à se tresser des lauriers, tandis que le SP considère que sa place au gouvernement est "plus indispensable que jamais même si les choses vont un peu mieux maintenant". Les deux partis flamands de la coalition gouvernementale voudraient de préférence rempiler pour quatre ans.

En Flandre, où la majorité est à la vérité très étroite, il semble que seul le résultat des élections puissent encore gâcher le plaisir. Selon le dernier sondage réalisé par La Libre Belgique fin mai, le CVP et le SP atteindraient ensemble 43,5% contre 47,2% lors des dernières élections.

Même si la coalition actuelle a besoin de l'appoint de quelques sièges, il est peu probable que le VLD de Verhofstadt se retrouve au gouvernement. S'il le faut, Dehaene et Tobback préféreront aller repêcher un parti d'opposition plus petit, la Volksunie (8,5%) ou plutôt vraisemblablement Agalev (7,9%).

Le VLD a reçu le message cinq sur cinq. C'est ce qui a provoqué la panique au sein de ce parti. Dix ans d'opposition, cela commence à peser. Les affiliés s'impatientent et grincent les dents à l'idée qu'un bon score électoral ne soit pas récompensé par des portefeuilles ministériels. La clientèle du VLD a faim de postes dans la fonction publique.

Comme la direction du VLD comprend qu'il faudra reporter la fête à quatre ans plus tard, les maladresses s'accumulent. La cerise sur le gâteau est la querelle publique entre Verhofstadt et Verwilghen pour la tête de liste au Sénat.

 

Du côté francophone, le PS et le PSC sont dans un piètre état. Le PSC sous perfusion depuis le départ de Gérard Deprez. Le déclin du PSC pose non seulement problème pour la coalition gouvernementale, mais affaiblira aussi la position du CVP en tant qu'instrument politique principal de la bourgeoisie.

Le PS qui a déjà pris des coups avec les affaires Agusta, Cools, INUSOP, et autres, redoute comme la peste une cure d'opposition mais... c'est finalement la dégringolade du PSC qui sauve temporairement le PS et le rend incontournable pour constituer une majorité, du moins en Wallonie. C'est pourquoi le parti a déjà pris langue depuis des mois avec le PRL. A Bruxelles, le rapport de forces entre PRL et PS est tellement défavorable au PS qu'il tente de s'appuyer sur les Ecolos pour enrayer son recul.

Le PRL, au coude à coude en Wallonie avec le PS pour la place de premier parti en Wallonie, ne veut pas faire les frais des maladresses du VLD. Son président, Louis Michel, veut coûte que coûte monnayer ses bons résultats électoraux contre une participation gouvernementale, s'il le faut uniquement en Wallonie et à Bruxelles, et si possible au niveau fédéral, même sans le VLD si nécessaire.

Le plus grand obstacle pour Louis Michel n'est pas en Wallonie mais en Flandre. Pour Tobback une coalition avec les libéraux est exclue, et pour Dehaene une coalition sans le PSC est inacceptable. Le CVP ne peut et ne veut pas se permettre d'entrer dans une formule gouvernementale asymétrique (sans le PSC) où sa fraction politique serait un élément secondaire.

Ce n'est pas pour rien que Philippe Maystadt a été poussé à abandonner son poste de ministre des Finances pour prendre la présidence du PSC. Sa mission de sauvetage est quasiment considérée comme une affaire d'Etat.

Malgré la probable progression du PRL lors du prochain scrutin, sa participation gouvernementale n'est donc pas encore garantie.

Le Militant
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