STIB
Une milice privée démantelée
On sait qu'à de nombreuses reprises, divers corps de polices s'illustrent par leur comportement raciste à l'égard de jeunes immigrés. A la STIB (tram, bus, et métro à Bruxelles), c'est aussi le cas; à ; l'égard du personnel comme des voyageurs. Plusieurs membres du personnel et des voyageurs s'étaient plaints auprès du président du conseil d'administration de la STIB, Werner Daem. Comme la direction de la STIB faisait sembla nt de ne rien entendre, Daem s'est adressé à la presse. Une enquête interne a révèle qu'un groupe de responsables du service de sécurité terrorisaient le reste du service.
Le chef du service de sécurité, Bernard Sicx, qui a été licencié, avait constitué une milice privée. Il envoyait ses hommes infiltrer les bandes de jeunes qui se trouvaient à proximité des stations de métro. Du matériel technique sophistiqué (des lentilles à peine plus grosses qu'une tête d'épingle) a été utilisé pour filmer clandestinement. Les agents de son service é taient chargés de suivre et d'écouter un certain nombre de "suspects". Celui qui refusait d'accomplir ces ordres était mis sous pression.
L'enquête révèle que le service de sécurité a utilisé des techniques policières qui dépassaient de loin ses compétences. On a trouvé dans les armoires de certains membres de ce se rvice des matraques télescopiques et du matériel pour effectuer clandestinement des écoutes. Il existe même un véhicule blindé destiné à effectuer des prises de vue et des écoutes clandestines, paraît-il, dans le cadre de la lutte contre les tagueurs. Bref on imagine mal que tout ceci soit nécessaire pour vérifier si les voyageurs ont bien poinçonné leur ticket...
Le groupe mis sur pied par Scix a pu progressivement évoluer vers une milice privée dans la mesure où la direction de la STIB lui a laissé la bride sur le cou. Curieusement, on a assisté à un tel scé nario il n'y a pas longtemps dans un autre service public: à la police de Schaerbeek au moment où elle était dirigée par le fasciste Johan Demol. Ce dernier avait aussi eu recours au chantage, à l'intimidation, aux techn iques musclées.
Comme dans les autres services de transport en commun, il peut exister des problèmes de sécurité à la STIB, mais c'est aux usagers et au personnel de déterminer ce que l'on attend d'un service de sécurit&ea cute; et comment il doit être contrôlé.
Stef Salien