Quick
Un job à la façon fast food...
Chez Quick, à peine commandés, le Big Bacon et les frites atterrissent sur ton plateau. A peine la dernière bouchée avalée, tu balances ce qui reste sur le plateau dans la poubelle. Chez Quick, la chaîne de restos fast food la mieux implantée en Belgique, l'emploi c'est comme la bouffe. Tu es vite engagé, mais tu es encore plus vite dehors. Si tu réclames, on te balance - vite fait bien fait - à la poubelle.
C'est d'ailleurs ce qui vient d'arriver à un jeune "manager" d'un Quick de la région liégeoise. Il a eu le malheur de faire part au journal Le Matin de ses conditions de travail et de son salaire. La flexibilité d u travail est totale, seuls comptent les chiffres de rentabilité: il prestait un nombre invraisemblable d'heures supplémentaires et touchait 33.000F net à la fin du mois. "Touchait"... car il ne les touche plus. A peine l'article paru dans Le Matin, l'intéressé (qui avait pourtant gardé l'anonymat) a reçu son C4 le jour même.
Interrogée au téléphone, la société Quick fait la sourde oreille et se retranche derrière le fait que Quick n'est pas responsable du personnel des restaurants franchisés, puisque ceux-ci sont ind&eac ute;pendants. Selon Philippe Yerna, le secrétaire régional de la CSC de Liège, "Quick utilise la franchise pour détourner la législation sociale en écartant notamment les organisations syndicales vu la petite t aille des entreprises franchisées." Il ajoute: "Dès que le personnel parle de ses conditions de travail, il est licencié. Il arrive que des fautes graves soient organisées. Par exemple, on fait un trou dans la caisse et on dit que vous avez volé!"(1)
A quand la première manif devant un Quick pour faire respecter les droits des travailleurs? Comparez le prix payé pour un repas chez Quick et ce que gagne le personnel. La différence va dans la poche des actionnaires.
Correspondant
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(1) Le Matin, 7/5/98