SNCB:
Le 24 mars dernier, les cheminots CGSP de Namur ont arrêté spontanément le travail entre 9 heures et midi. Nous avons interviewé à ce sujet Francis Dubois, président de la CGSP au dépôt de Salzinnes (entretien du matériel).
* Le Militant: "Comment l'action a-t-elle démarré et pour quels motifs?"
- Francis Dubois: "La direction de la SNCB avait promis que le cadre du personnel existant au 31/12/97 ne devait pas être modifié le 1/5/98, lors de la mise en place de la nouvelle structure. Mais nous avons appris que ce ne serait pas le cas à certains endroits. Par exemple, si un poste d'agent d'électricité était vacant, on le supprimait carrément. Ainsi, Salzinnes perdait 21 postes au cadre sur 914. A la voie (infrastructure Sud-Est), ils perdai ent une centaine de postes sur 900, ce qui est considérable. Damilot, président national de la CGSP-Cheminots, avait eu des contacts avec la direction qui avait promis des réponses. Mais on ne voyait rien venir. Dans les endroits conc ernés, la marmite a commencé à bouillir. Nous avons demandé à l'organisation syndicale de réagir. Le lundi 23 au soir, la régionale de Namur de la CGSP a décidé de faire une action en bloquant les trains le mardi de 9 heures à midi. Les gares de Namur, Ciney, Andenne, Marloie et Ottignies ont été paralysées. Notre position était de faire un combat pour l'ensemble des cheminots de la régionale et pas un combat sectoriel, car les conducteurs perdaient aussi des plumes dans la restructuration, et les gares régions perdaient des postes. On a constaté que faute d'effectifs, les travailleurs ne parvenaient pas à prendre leurs congé ;s et à récupérer leurs jours de repos."
* Le Militant: "Entre-temps, la CGSP a levé son préavis de grève de 24 heures?"
- Francis Dubois: "Le jour de notre débrayage, Damilot me sonne vers 4 heures de l'après-midi et me demande qu'elle sera notre attitude si la direction revient au cadre existant (donc si on nous rend les 21 postes enlevés). Je lui ai dit "oui", mais à condition que les agents de l'ancien cadre soient prioritaires. Car avec le nouveau plan, des travailleurs qui étaient dans le cadre définitif au 31/12/97, allaient devoir quitter le dépôt de S alzinnes. La direction a alors confirmé le maintien des 21 postes. Pour les postes qui devaient disparaître à la voie, la direction a aussi reculé.
Le préavis de grève du vendredi a été suspendu car c'est une des premières fois au niveau syndical que l'on ramasse une victoire sur le champ. Sortir un matin à 9 heures et venir nous dire dans l'aprè ;s-midi: "On vous rend ce qu'on vous a pris!" cela fait des années qu'on attend cela. D'autant plus que la CGSP a participé seule à l'action. La CSC a laissé le libre choix à ses affiliés de participer ou n on. La CGSP regroupe 70% des travailleurs, la CSC près de 25% et il y a de 7 à 8% de non syndiqués."
Propos recueillis par Guy Van Sinoy