Enseignement artistique

 

Ancion touché...mais pas encore coulé!

L'enseignement artistique fonctionne depuis des années dans un fouillis de statuts et règlements dépassés. En annonçant sa volonté de mettre de l'ordre dans les multiples formations et de regrouper les écoles existantes en quelques hautes écoles, le ministre Ancion croyait donc jouer sur du velours. Il a pourtant dû provisoirement reculer.

Ancion veut regrouper toutes les formations existantes en type court (3 ans) et type long (4ans et plus). Il veut aussi obliger les écoles artistiques et les conservatoires à se regrouper pour ne plus former qu'une haute école artistique par réseau ou à rejoindre séparément d'autres hautes écoles déjà existantes (une école de boucherie, par exemple).

Ce projet a immédiatement rencontré une forte opposition. Car, dans les deux hypothèses, la qualité de l'enseignement est menacée: les hautes écoles artistiques seraient des écoles-mammouths ré ;unissant au moins 2.400 étudiants disséminés dans différentes villes tandis que l'intégration dans d'autres écoles entraînerait la marginalisation des études artistiques.

Le véritablement motif est purement budgétaire: réduire les coûts de fonctionnement et freiner la croissance du nombre d'étudiants dans les secteurs jugés peu rentables.

Dissimulée sous des prétextes de liberté pédagogique, l'autonomie financière (financement par enveloppes) reportera sur les directions d'écoles les choix difficiles à faire: soit limiter le nombre d' étudiants, soit rogner sur les achats de matériel, ou encore comprimer le nombre de profs ou leur salaire, obliger ceux-ci à prester plus d'heures,... La mise en place de système de cogestion des écoles avec des repr&eac ute;sentants des étudiants vise à mouiller ceux-ci dans ces choix et à empêcher le retour des grandes mobilisations étudiantes.

L'opposition de la FEF, les manifestations d'opposition (500 étudiants et profs à Bruxelles, 300 à Liège le premier avril dernier) et surtout les tensions grandissantes entre PS et PSC ont obligé Ancion, à mettre l'essentiel de son projet au congélateur. Un décret à voter avant l'été classera bien les écoles d'art en type court et type long. Mais tout le reste (fusions, financement, statut des profs) est report&eacu te; à plus tard.

Ancion espère relancer les discussions sur son projet à partir de la rentrée. Ne nous endormons donc pas sur nos lauriers...

Jean Peltier

Le Militant
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