Le "Mundial" pour l'élite...: la télé pour les autres
La coupe du monde de football se déroulera prochainement en France. Mais tous ceux qui voulaient assister à suivre quelques bons matches de foot devront le faire devant leur télé ou au café, car il n'y a plus aucun billet disponible en Belgique.
La distribution des billets illustre la place du grand capital dans notre société. Les sponsors et les "seigneurs" viennent en premier lieu. Et s'il reste encore quelque chose la "canaille" pourra toujours sacrifier l'argent des cong& eacute;s payés pour acheter à prix fort un ticket.
Apres les affaires de corruption (ex: Anderlecht), les déclarations sur le véritable trafic d'esclaves dont font l'bjet les footballeurs africains ou d'Europe de l'Est, le "mundial" est une nouvelle occasion de démontre ce qu'e st le sport dans la société capitaliste. Michel Platini, l'organisateur de France 98, déclare sans détours que l'objectif principal est de dégager des profits. Les 15 milliards investis dans l'opération devront en effet faire tomber des dividendes sonnants et trébuchants dans l'escarcelle du grand capital.
Le football est pourtant un sport né dans les communautés ouvrières. C'était un loisir sain et distrayant pour joueurs et spectateurs. Le grand capital s'est progressivement orienté vers cette discipline sportive pour en tirer profit. Les clubs de foot sont gérés comme des entreprises. Les joueurs sont traités comme des marchandises qu'il faut rentabiliser. Seul le soutien populaire aux équipes permet de sauver les apparences de l'&eacu te;lément sportif et récréatif. En 1994, 80% des revenus des clubs de première classe venaient du sponsoring. La télévision commerciale et le sponsoring décident de la date du match et de qui peut êt re spectateur. Les sponsors sont souvent des multinationales qui décident par ailleurs de l'emploi... de nombreux spectateurs.
Plus le clivage en riches et pauvres s'approfondi dans la société, plus on constate la même évolution dans le sport. Pour changer le sport, il faudra en finir avec la grand capital.
Bart Vandersteene