Kosovo
Un nouveau conflit sanglant a éclaté début mars en ex-Yougoslavie. Il y a eu certainement des centaines de morts au Kosovo.
Le Kosovo est une province du sud de la Serbie où vivent deux millions d'habitants: 90% d’Albanais et 10% de Serbes. Comme partout dans les Balkans, les frontières linguistiques et "ethniques" ne correspondent pas aux fronti&egrav e;res des États. Les Albanais ne se trouvent pas seulement en Albanie mais également dans la Macédoine et la Serbie voisines.
Le Président Tito, le commandant stalinien des partisans yougoslaves qui ont chassé les nazis, accorda après la 2ème guerre mondiale une large autonomie au Kosovo à l’intérieur de la Serbie. Depuis les ann& eacute;es 80, les nationalistes du Kosovo ont exigé le statut de république yougoslave à part entière à l’instar, par exemple, de la Croatie, de la Slovénie ou de la Serbie.
Après la mort de Tito, les bureaucrates yougoslaves n’ont cessé de diviser les différents groupes de population sur une base nationale et les ont montés les uns contre les autres. Les conséquences meurtrièr es de cette politique, aggravées - après la chute du stalinisme - par la politique de l’Allemagne, de la France et des USA sont évidentes depuis lors.
Lorsqu'en 1989 Slobodan Milosevic est devenu président de Serbie, il a imposé son régime bourgeois ultranationaliste et a abrogea l’autonomie des Albanais du Kosovo. Le nationalisme a déferlé dans la partie m&eacu te;ridionale de la région.
Il y eut des lois d’exception et des actes de violence de la part de l’armée et de la police contre les Albanais de souche. Ceux-ci proclamèrent en 1992 leur "indépendance", mais cela ne changea rien au fait que la minorit&eacu te; serbe continuait à dominer l'ensemble du Kosovo.
Les Albanais, qui ne pouvaient plus suivre l’enseignement dans leur propre langue, ont organisé eux-mêmes leurs écoles. Le "Président" élu en 1992, Ibrahim Rugova, a toujours appelé à la résistance passive et non-violente. Le Kosovo est resté à l'abri durant tout ce temps des purifications ethniques telles qu'elles se sont produites en Bosnie car les Serbes avaient fort à faire des années durant avec la Croatie et la Bos nie-Herzégovine, L’Armée de Libération du Kosovo a maintenant rompu avec la non-violence et ses attentats servent de justification à la police serbe pour aller massacrer les hommes de plus de 15 ans dans toute une série de villages.
Les manifestations ont semé la panique en Occident. Les grandes puissances capitalistes craignent une nouvelle Bosnie, une guerre qui mettrait à nouveau en danger la situation provisoirement stabilisée dans toute la région.< /P>
L’Albanie, la Turquie la Macédoine ou même la Grèce pourraient s’impliquer dans le conflit... Les négociateurs de service ont déjà pris l’avion pour les Balkans. Les Américains ont cependant caract&ea cute;risé l'Armée de Libération du Kosovo comme "une organisation terroriste" (un terme généralement utilisé par les USA pour désigner ceux qui ne défendent pas leurs intérêts) et ainsi donné le feu vert sur le plan international à Milosevic pour y aller à fond au Kosovo dans son style habituel.
Le mouvement d'opposition en Serbie est actuellement divisé et faible. Une menace des puissances occidentales n'est naturellement pas à prendre au sérieux. Cependant la situation reste périlleuse pour Milosevic. Il fera vraisemblablement des concessions aux Albanais du Kosovo, mais comme il reste soumis à la pression des Serbes ultra nationalistes, il ne pourra se permettre trop de concessions.
A court terme, il existe une solution pour le Kosovo comme pour toute autre partie des Balkans. Dans des territoires où coexistent pêle-mêle des populations différentes, la seule solution est une fédération socialiste.
Le rapport de forces n'existe pas pour cela en ce moment. Il s'agit donc pour l'instant de lutter contre la stratégie de division et de chauvinisme et de soutenir la réunification des travailleurs et des paysans actifs dans l'ensemble des Balkans.
Jan Dumolyn