Vlaams Blok et Demol

Deux mains chaussées de gants de boxe

A peine révoqué de son poste de commissaire de police à Schaerbeek, Johan Demol a déjà trouvé du travail! Il émarge désormais au budget du personnel engagé par la fraction parlementaire Vlaams Blok au Parlement flamand. Il figurera comme tête de liste du Vlaams Blok à Bruxelles et prépare déjà sa campagne sur le thème de la "sécurité". Mais comment se portait la sécurit&eacut e; quand Demol était commissaire à Schaerbeek?

Dès sa nomination comme commissaire en chef en 1994, Demol a laissé une forte empreinte d'extrême-droite sur la façon de diriger la police: les effectifs furent presque doublés (de 238 à 375), naturellement recrutés selon le profil et les opinions qu'il fallait.

Afin d'être plus proche de la population, Demol fait fermer trois commissariats de nuit sur quatre. Il voulait installer un commissariat central de haute technicité coûtant 895 millions. Les patrouilles à pied furent rempl acées par des interventions spectaculaires de véhicules bardés de gyrophares et de sirènes. Demol a réduit le nombre d'agents de quartier à 6! Dans une commune de 104.000 habitants! La deuxième en superfici e de l'agglomération bruxelloise. Le budget de la police schaerbeekoise n'a cessé de croître. En 1997, il atteignait 558 millions (plus que le CPAS!), sur un budget communal total de 5 milliards.

En raison de l'approche autoritaire de Demol, le corps de police fut divisé en deux clans. Afin de maîtriser la situation il fallu un officier par huit hommes.

Cette politique a-t-elle fait tomber la délinquance? Sous Demol, les crimes violents sont passés de 3 pour mille à 6,6 pour mille habitants. Le nombre des délits enregistrés a augmenté de 43%. Bien entendu ces chiffres sont relatifs et sujets à des interprétations diverses. Mais on ne peut qu'en conclure que cette politique contre la criminalité a été fort peu efficiente. Une partie des activités criminelles se sont déplacées vers des autres communes de l'agglomération.

Entre-temps le Vlaams Blok a commencé sa guerre de reconquête de Bruxelles. Ils a l'ambition de doubler son nombre de députés au Parlement bruxellois (il a actuellement deux élus) et se rendre incontournable pour l a formation de l'Exécutif bruxellois.

Pour Demol et le Blok, la campagne électorale a déjà commencé: dépliants en couleur (bilingues!), meetings locaux, réunions "Tupperware" en petits comités vantant les qualités du "produit" Dem ol.

Les forces antifascistes de l'ensemble du pays doivent s'unir pour empêcher la peste brune de se propager.

Le Militant
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