Universités

Ancion prépare un carcan budgétaire

Le ministre de l'Enseignement supérieur, William Ancion prépare une nouvelle loi de financement des universités et voudrait le faire adopter encore avant les vacances d'été. Jusqu'à présent, la loi d e 1971 prévoyait un financement sur base du nombre d'étudiants. Le nouveau projet en préparation va désormais s'écarter de cette règle et prépare de nouvelles mesures d'austérité.

L'enveloppe budgétaire globale pour les universités francophones sera bloqué au montant de cette année, soit 17 milliards. L'allocation versée à chaque établissement sera artificiellement scind&eacut e;e en deux parties. La première est censée couvrir les coûts pédagogiques et la seconde les coûts de recherche. C'est totalement arbitraire car la séparation entre les tâches d'enseignement et de recherche es t souvent une vue de l'esprit. Dans la pratique, les assistants font à la fois de la recherche et de l'enseignement.

Au départ, la proportion entre les deux parties sera de 60% pour l'enseignement et de 40% pour la recherche. Cependant cette répartition évoluera petit à petit au détriment de l'enseignement car la première partie évoluera seulement en fonction de l'index, tandis que la part de la recherche sera liée à l'évolution du Produit intérieur brut. En clair, cela veut dire un blocage des subsides consacrés à l'enseig nement.

De plus, les étudiants de doctorat ne seront plus financés comme les autres, à l'entrée, mais à l'obtention du diplôme. Les étudiants originaires de l'Union européenne seront financés co mme les étudiants belges, ce qui sous-entend que les autres ne le seront plus. Pour le moment, la question d'un relèvement du minerval n'est pas abordée, mais cela sera mis à l'ordre du jour lors d'une réforme ulté ;rieure, en même temps que les bourses et des allocations d'études. Enfin, des seuils minimaux de fréquentation seront progressivement introduits: en dessous d'un certain seuil, il n'y aura plus de financement.

On devine donc déjà le scénario. Dans la mesure où les universités ne seront plus subsidiées sur base du nombre d'étudiants et qu'elles recevront une enveloppe fixe, elles auront intérêt à se débarrasser d'un certain nombre d'étudiants. La sélection sera donc renforcée. Les universités seront également amenées à "rationaliser leur offre", c'est-à-dire à s upprimer certaines filières.

Ancion est donc en train de mettre en place un carcan budgétaire par université, où chacune d'entre elle aura les mains libres pour faire des économies dans le cadre de l'enveloppe qui lui sera allouée et qui va s e réduire d'année en année.

D'une manière plus générale, Ancion met en oeuvre ce que la bourgeoisie revendique: adapter l'université aux besoins du capitalisme, rompre avec l'ancien mode de fonctionnement qui correspondait à la croissance ca pitaliste des années soixante et mettre en place une université élitiste. Quant aux étudiants sortant du secondaire qui verront les portes de l'université se fermer devant eux, il seront condamnés à la d&ea cute;qualification et aux petits boulots.

Guy Van Sinoy

Le Militant
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