Peine de mort

Un système condamné à mort

Les dirigeants de Shell, complice des massacres de population entières au Nigéria, ne viennent pas d'être condamnés à mort. Ni les managers de Nike, commanditaires de l'assassinat de militants ouvriers en Asie. Kar la Faye Tucker a été exécutée le 5 février dans une prison du Texas par une injection mortelle. Elle avait été condamnée à mort pour une double meurtre commis en 1983. A l'époque, elle était toxicomane et se prostituait.

Cette affaire montre comment le système capitaliste traite ceux qu'il précipite dans la pauvreté et la marginalité. Combien de chances des êtres tels que Karla Tucker, ont-ils de vivre une vie "normale"? Pour les e xclus qui "disjonctent", la bourgeoisie ne connaît que deux recettes: les expédier dans l'autre monde ou les enfermer à vie.

Depuis le rétablissement de la peine de mort en 1977 aux États-Unis, 269 condamnés à mort ont été exécutées. Est-ce un hasard si la peine de mort a été rétablie? Depuis le début des années 70, de nombreux acquis sociaux ont été supprimés. Plus la crise capitaliste se développe, plus on constate une augmentation du nombre d'exécutions capitales. 37 exécutions capitales sur les 144 perpétrées au Texas l'ont été depuis 1977!

La pauvreté provoque une croissance de la délinquance. Les politiciens, responsables du démantèlement des services sociaux, promettent démagogiquement à leurs électeurs qu'ils sont capables de "r&eac ute;gler" les problèmes" par une approche "musclée" du problème.

Après l'affaire Dutroux, le thème de la peine de mort est revenu sur le tapis. Le mouvement Blanc aurait pu être un champ de manoeuvre pour une droite musclée exigeant le rétablissement de la peine de mort et une r épression plus forte en général. Heureusement, il n'en a rien été. Les parents des enfants assassinés ne sont pas tombés dans ce piège grossier.

Toutes les institutions, des partis politiques à l'Église, en passant par la justice et les polices, sont déstabilisées depuis lors. Les scandales successifs ont provoqué une profonde méfiance dans de large s couches de la population qui soupçonne du louche dans le dysfonctionnement de ces institutions, en particulier que celles-ci ne s'intéressent pas à au sort des victimes et ne servent que les intérêts de leur propre cast e.

Ces institutions décident qui sera puni, pour quel délit, et comment. C'est ainsi que dans certains arrondissements judiciaires on peut se voir condamné à de la prison ferme pour avoir fumé quelques joints, alors que dans d'autres on ne trouve pas utile de désigner de juge d'instruction pour une petite fille marocaine en prétextant que les parents ont sans doute procédé à un mariage forcé! La peine de mort donne à c es gens le pouvoir de décider de la vie et de la mort!

 

 

Bart Vandersteene

Le Militant
Hosted by www.Geocities.ws

1