Clabecq

Les listes noires de la CSC-métal

"Des responsables syndicaux de la CCMB (CSC-métal) ont fourni à la direction une liste noire des travailleurs à ne pas réembaucher": déclare Raymond Coumont, secrétaire national de la Centrale na tionale des Employés de la CSC (CNE)(1). Les délégués CSC de Clabecq figurent sur cette liste noire car ils ont eu le culot de s'opposer à leurs responsables syndicaux. Delory, secrétaire national de la CCMB et Bardiaux, secrétaire régional CCMB nient les faits, mais Coumont précise que lors d'une discussion personnelle avec Roberto Grosso., le repreneur de Clabecq, celui-ci reconnaît "avoir reçu de Bardiaux une list e noire, mais cela ne signifie par que la direction en tiendrait compte."(1).

Sept permanents de la CSC de Charleroi apportent un témoignage qui confirme la version de Coumont: avant même que les démarches de réembauche ne soient entamées, Delory a annoncé qu'il dresserait des listes noires car "les syndicats devaient suppléer aux carences patronales dans l'intérieur supérieur de l'entreprise et de la région".(2)

Ainsi donc, des responsables syndicaux dénoncent leurs propres militants au patronat! On a déjà vu pas mal de saloperies de la part de certains bureaucrates syndicaux, mais ici cela dépasse toutes les bornes! Si le s faits sont exacts, Delory et Bardiaux doivent être sur le champ exclu du syndicat. A moins que la CSC-métal n'accepte d'être dirigée par des indicateurs.

D'autre part, le curateur Zenner tente de dresser les ex-travailleurs des Forges contre leurs anciens délégués et militants syndicaux. Devant la presse, il a dénoncé 137 travailleurs "protégés" (les candidats aux élections sociales) qui réclament leur indemnité de licenciement en tant que créance privilégiée. Selon Zenner, cela coûterait 500 millions et il n'y aurait alors plus d'argent pour les cr&eacu te;ances des autres travailleurs. De plus, la procédure judiciaire durerait entre 5 et 7 ans avant que les travailleurs ne touchent un franc!

Donc non seulement, les délégués et militants syndicaux de Clabecq sont exclus de la nouvelle entreprise, mais ils devraient en plus renoncer à leurs indemnités de licenciement? Zenner a-t-il renoncé &agrav e; ses commissions sur la faillite? Non, il s'est servi avant tout le monde! C'est donc le voleur qui crie "Au voleur!".

Il faut ici rappeler qu'en juillet 1997, Zenner, Delory et Coumont (ainsi que Nollet, Fontaine et Labarbe, pour la FGTB) s'étaient entendus comme larrons en foire pour poignarder dans le dos les travailleurs de Clabecq et leurs dél&ea cute;gués en imposant un référendum scellant l'abandon de la lutte et des créances. Après s'être alliés avec des bandits, Coumont et les responsables de la FGTB ne doivent pas s'étonner de réco lter des fruits amers.

 

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(1) La Libre Belgique, 29/1/98, p.3

(2) Le Soir, 11/2/98, p.3

Le Militant
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