Chez les lycéens en Flandre
Un syndicat pour la lutte!
Un syndicat de lycéens (ScholierenVakbond-SVB) vient d'être lancé à Courtrai. Il a déjà recueilli l'adhésion de dizaines d'élèves. Cette initiative fait suite au succès de la comm émoration du premier anniversaire de la Marche Blanche: 2.000 lycéens avaient ont fait grève et manifesté à Courtrai pour marquer le coup. Les lycéens ont alors pris conscience de la possibilité et de la n& eacute;cessité de s'organiser de façon indépendante pour défendre leurs droits à l'école, car les conseils d'élèves sont contrôlés par les directions.
Le SVB a aussi réagi face aux plans d'austérité du ministre de l'éducation en Flandre, Luc Van den Bossche (voir encadré): pas plus de 25 élèves par classe! Pas touche à la gratuité de l'enseignement! Stop à cette course démentielle aux économies! Pour un enseignement qui répond aux besoins des élèves plutôt qu'à ceux des entreprises!
Le SVB exige également pour les élèves la liberté d'organisation et d'action ainsi que le droit de grève. Il se prononce enfin contre toute forme de discrimination et de racisme. Le SVB recrute ses membres sur bas e individuelle, contrairement à la Fédération des Etudiants Francophones (FEF) et à son pendant néerlandophone (VVS) qui affilient en bloc les universités et les écoles supérieures.
Le VVS essaie d'imposer ses propres structures bureaucratiques aux lycéens en créant une structure à leur intention, le VSK. Seuls peuvent participer aux assemblées du VSK les lycéens qui siègent dans les c onseils d'élèves. Comme on n'est jamais trop prudent, le VVS demande quand-même aux directeurs de désigner en leur sein les élèves qui y "représenteront" l'école! A n'en pas douter, Van den Bos sche trouvera dans le VVS/VSK un interlocuteur docile lors des négociations sur les modalités du nouveau décret pour l'enseignement secondaire...
Du côté francophone, deux organisations d'élèves, l'AGEB et l'ABES, s'étaient créées spontanément à Bruxelles en 1996, sur le modèle de la FEF, pour soutenir la grève des e nseignants. Si les délégués de l'AGEB étaient combatifs, ceux de l'ABES se sont laissés engluer dans la concertation. Les éléments combatifs des écoles de l'ABES sont donc restés impuissants f aute d'organisation; ils ne pouvaient pas rejoindre l'AGEB, puisqu'elle n'affiliait que les écoles. Les deux organisations se sont dissoutes après la fin du mouvement. Cela montre la nécessité d'un syndicat de lycéens ba sé sur l'affiliation individuelle et qui soit capable d'organiser durablement les élèves dans chaque école. Seule l'affiliation individuelle garantit un fonctionnement démocratique, car il donne à tous les membres la possibilité de prendre part aux décisions dont dépend l'issue de la lutte.
Thierry Pierret
Van den Bossche = Onkelinx 2 (Le retour)
Sous prétexte de refinancer l'enseignement primaire, le ministre de l'enseignement flamand, Luc Van den Bossche (SP) a décidé d'imposer à l'enseignement secondaire une terrible saignée. En dressant le primaire contre le secondaire, il évite une riposte unitaire de tout l'enseignement. Van den Bossche se fait ainsi le continuateur des mesures d'austérité qui ont déjà touché l'enseignement en Flandre au cours des 10 dern ières années. 3.150 emplois doivent disparaître, dont 1.500 dans le secondaire. Les parents seront mis à contribution, car le nouveau système de financement par enveloppes va forcer les écoles à trouver de n ouvelles sources de financement (prix des repas, des livres, droits d'inscription). De nombreuses options "inutiles et coûteuses" seront supprimées. Les écoles seront désormais gérées comme des entreprises. Van den Bossche est décidément allé à la même école qu'Onkelinx: celle de la social-démocratie convertie au néolibéralisme!