Crise du PSC
Une opportunité pour un parti des travailleurs?
La crise historique du PSC rebondit après l'exclusion de son ancien président Gérard Deprez (en fait, le PSC considère que Deprez s'est lui-même exclu...). Le président du PRL Louis Michel a accusé ;, face aux caméras, Charles-Ferdinand Nothomb (président en titre du PSC) de mener depuis des mois des négociations secrètes en vue d'un rapprochement PSC/PRL (en fait ce que Nothomb reproche à Deprez!). Mais le plus im portant est que des dirigeants du syndicat chrétien et du Mouvement ouvrier chrétien (MOC) soient sortis du bois.
Josly Piette, dirigeant de la CSC wallonne du PSC, a lancé un appel public pour que Philippe Maystadt prenne la présidence du PSC. C'est carrément un appel à déboulonner Nothomb! La CNE (CSC employé) a publ iquement protesté contre l'appel de Piette. Cette crise du PSC - la plus grave de son histoire - remet à l'ordre du jour la question d'un parti des travailleurs de la CSC, indépendant de la bourgeoisie.
François Martou, président du MOC a lancé la proposition d'un front progressiste pour faire face à la constitution d'un front de droite entre le PRL/FDF et l'aile droite du PSC. Plusieurs organisations ont répondu à son appel: les mutualités chrétiennes, la CSC wallonne et bruxelloise, Vie féminine, le CNCD, le CNAPD, la Ligue des Familles, la FGTB de Bruxelles, les Femmes prévoyantes socialistes, le PAC (branche culturelle du PS ), Ecolo, la FEF. Le PS et la FGTB wallonne ont refusé: Urbain Destrée, dirigeant la FGTB wallonne, clamant à qui veut l'entendre que "Martou roulait pour le PSC".
Il est clair que Martou ne veut pas rompre avec le PSC et créer un nouveau parti des travailleurs: il veut ressouder l'aile gauche du PSC pour peser face à la droite au sein de ce parti bourgeois. Mais la réponse de Destr&eacut e;e témoigne à la fois d'un dogmatisme coriace à l'égard de toute initiative du MOC et du soutien indirect de Destrée au PS... qui négocie avec le PRL en vue d'une prochaine majorité en Wallonie. Les partic ipants à la rencontre initiée par Martou ont décidé de créer quatre groupes de travail: le droit de vote pour tous, la réduction du temps de travail, la sécurité sociale et les rapports entre les ser vices publics et l'associatif.
Les militants syndicaux qui veulent la création d'un parti des travailleurs pour prolonger politiquement leurs luttes sociales n'ont rien à attendre d'un Martou replâtreur de PSC... ni d'un Destrée. C'est à eux de prendre une initiative dans ce sens. L'occasion se présente avec la crise du PSC. Cela poserait immédiatement dans la FGTB le problème des rapports avec le PS. Cela pèserait en Flandre dans les rapports entre la CSC flamande et le CVP.
D'autant plus que la crise PSC n'est pas finie. Sa vice-présidente Joëlle Milquet a tenu à préciser que le PSC devait "rompre avec l'idée d'un parti de pouvoir". Voilà qui donne la mesure des angoisses des dirigeants de ce parti bourgeois qui a pratiquement participé à tous les gouvernements depuis 1945.
Guy Van Sinoy