Irlande du Nord
A nouveau la violence armée
Les armes ont à nouveau parlé en Irlande du Nord où on a relevé sept tués depuis la fin décembre 97. Les pourparlers de "paix" piétinent. Le 19 janvier, le Sinn Fein a rejeté la proposition ir lando-britannique.
On proposait un parlement pour l'Irlande du Nord, avec un Conseil intergouvernemental (Irlande du Nord, Angleterre, Écosse et Pays de Galles) ayant la plupart des compétences et un Conseil Nord-Sud afin d'encourager les relations &eac ute;conomiques et commerciales entre la république et l'Irlande du Nord.
Cette proposition montre bien que le processus de paix repose sur des mensonges: les républicains du Sinn Fein essaient de faire croire à leurs partisans que le processus est un pas vers une Irlande unie, unionistes (partisans de l'un ion avec la Grande-Bretagne) le dépeignent comme un ancrage de la situation actuelle avec quelques concessions qu'il faut bien accepter dans la mesure où la proportion de protestant baisse peu à peu dans la population (il y a aujourd' hui 43% de catholiques).
Même si une telle proposition était officiellement acceptée, cela ne mènerait pas à de meilleures relations entre les deux communautés. "Partage du pouvoir" ne signifie rien d'autre que l'institutionalisatio n de la division communautaire.
La résistance au processus de paix
Des deux côtés, il y a des dissidents et des groupuscules qui résistent au processus de paix. L'INLA (Irish National Liberation Army), une scission de l'IRA et la LVF (Loyalist Volunteer Force) un groupe issu du UVF (Ulster Volunteer Force) ont focalisé l'attention des médias par leurs actions de vendetta à l'occasion du meurtre du leader de la LVF Wright, dans l'enceinte même de la prison de Maze.
Ces groupuscules peuvent créer de sérieux problèmes aux groupes militaires plus importants et à leurs branches politiques, car les divergences à l'égard du processus de paix sont déjà consid&e acute;rables au sein de ces organisations .
Les loyalistes de l'UDA (Ulster Defence Organisation) ont décidé de d'arrêter de soutenir le processus de paix. Une décision toutefois différée de six semaines après des négociations avec Marjo rie Mowlam, la Secrétaire d'État britannique pour l'Irlande du Nord.
On pense que les deux attentats protestants non revendiqués depuis le nouvel an sont à porter au compte de l'UDA. Tant que l'UDA ne revendique pas la paternité des attentats, cela ne gêne pas sa branche politique lors des négociations.
De son côté, l'IRA poursuit des activités violentes pour maintenir son organisation. Elle le fait entre autres sous le masque de la DAAD (Direct Action Against Drugs) qui a assassiné huit personnes lors de la derniè ;re trêve de l'IRA.
Quelques dissidents sont réunis dans le 32 County Sovereignty Committee sous direction de Bernadette Sands, la soeur de Bobby Sands mort d'une grève de la faim il y a plusieurs années. Le CAC (Continuity Army Council), qui a de s liens avec le Sinn Fein, est également capable de bouleverser le processus de paix.
Un retour aux "Troubles"?
La situation est très tendue. Tout se passe dans une situation de ségrégation physique croissante des deux communautés. Les événements de cet été autour des marches orangistes montrent que l'e mprise des organisations fanatiques dans les quartiers ouvriers (catholiques ou protestants) progresse.
Le retour vers des campagnes paramilitaires à grand échelle ne peut être exclu mais ce n'est pas le scénario préféré des groupes paramilitaires importants.
La méfiance à l'égard du processus de paix est grande dans les deux communautés, mais la majorité de la population veut la paix et l'établissement d'un accord.
Ce qui fait défaut - dans les négociations comme dans les quartiers - est une voix socialiste forte qui sache unifier les travailleurs catholiques et protestants sur un programme commun.
La fondation en 1196 de la Coalition travailliste (Labour Coalition) - dont notre organisation soeur en Irlande du Nord - le Socialist Party - fait partie - aurait pu être le début de la construction d'une telle alternative. Il est reg rettable que les deux représentants élus dans les négociations n'aient pas rempli cette tâche.
Les efforts de la Coalition travailliste pour les remplacer ont été sabotés. La Coalition travailliste a maintenant rendez-vous avec Marjorie Mowlam pour exiger le droit démocratique d'avoir ses propres représenta nts.
Même une voix socialiste isolée dans les négociations sera un défi pour les fanatiques et une lueur d'espoir pour des milliers de travailleurs et leurs familles qui ne voient maintenant aucune issue.
Ces représentants utiliseront une tribune pour l'unité ouvrière en proposant un accord dans l'intérêt de la classe ouvrière.
Le Comité pour un International ouvrier (CIO) est actif depuis des années en Irlande du Nord. Nous avons toujours défendu un point de vue d'unité ouvrière contre le fanatisme et le sectarisme.
Anja Deschoemacker
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Pour un exposé plus élaboré de nos positions, nos lecteurs qui comprennent suffisamment l'anglais peuvent consulter le livre de notre camarade Peter Hadden Troubled Times (à commander chez Militant, BP 2, 9000 Gent 21. Tel/fax: 09/232.13.94).