FGTB
Un congrès docile
Le congrès national de la FGTB s'est tenu sans fracas les 11, 12 et décembre à Bruxelles. Le samedi 13 était consacré à fêter les 100 ans de l'organisation syndicale.
La discussion sur les 32 heures par semaine illustre le mieux l'ambiance du congrès. Au départ, on a réaffirmé la perspective des 32 heures sans perte de salaire et avec embauche compensatoire. Mais des paliers ont été introduits. D'abord les 35 heures en tenant compte de la spécificité d'un certain nombre de secteurs et d'entreprises; de préférence au moyen de conventions collectives si ce n'est pas possible sous la forme d'une loi. Finalement la généralisation des 38 heures a été mise en avant comme revendication immédiate.
Un projet de mobilisation pour les 32 heures avait été mis avant pour le congrès. Un certain nombre d'intervenants ont souligné que rien de concret n'apparaissait en matière de mobilisation. Un délégué de Volkswagen a demandé au présidium s'il avait déjà vu des autocollants avec le mot d'ordre de 32 heures. Le présidium a finalement promis de préparer une campagne de mobilisation.
L'opposition est venue de l'Interrégionale de Bruxelles (voir encadré).
Les femmes sont sous-représentées dans les instances de la FGTB. Le congrès a tenté d'y remédier cela en affectant quatre mandats supplémentaires au Bureau national à des femmes. Un palliatif? Ce n'est qu'en menant une politique défendant les travailleuses que l'on pourra gagner celles-ci à s'engager en plus grand nombre dans la lutte syndicale. Espérons que les nouvelles élues au Bureau national agiront pour qu'il en soit ainsi.
Les discours du troisième jour ont été plein d'entrain. Le témoignage de Charlotte Hauglustaine, une ouvrière qui mena la grève des femmes de la FN à Herstal en 1966 ("A travail égal, salaire égal") a ému tous les participants. L'enjeu, la combativité, l'expérience de cette militante illustre le potentiel fantastique de la classe ouvrière organisée.
Cette force de mobilisation est encore intacte. Mais la direction souhaite-t-elle mobiliser?
FGTB Bruxelles
A contre-courant
Le congrès de l'interrégionale FGTB Bruxelles a adopté des positions à contre-courant dans le cadre de la préparation du congrès national.
Pour une autre stratégie.
La FGTB Bruxelles a rejeté le document du congrès national "Pour une autre impulsion à la Démocratie économique et sociale" en dénonçant le fait que l'organisation syndicale voterait une résolution radicale... pour ensuite pratiquer la ligne syndicale des années précédentes.
Plusieurs amendements ont été déposés par Bruxelles au projet de résolution:
- pour une extension géographique de la régionale syndicale de Bruxelles
- pour une loi sur les 35 heures sans perte de salaire et embauche compensatoire comme premier pas vers les 32 heures.
- pour des services publics de proximité et le rejet des ALE (petits boulots)
- pour le droit à la santé
- pour le droit de vote de tous les immigrés, quelle que soit leur origine, lors des élections communales de l'an 2000 et la condamnation des brimades policières à l'égard des jeunes immigrés
- pour le retrait de l'article 342
Enfin la FGTB Bruxelles rejette l'adaptation de l'organisation syndicale aux structures de l'État fédéralisé. Pour l'unité de tous les travailleurs et contre le séparatisme ainsi que contre la conclusion de pactes régionaux.