Accueil des enfants
Un enjeu pour toutes les travailleuses
Le 16 mai 1997, 1.500 puéricultrices, assistantes sociales et autres professions de l'accueil de la petite enfance étaient descendues dans la rue avec l'appui du front commun syndical, public et privé. C'était un SOS lancé par ces travailleuses car leur secteur est lâché de toutes parts.
En effet, à partir de janvier 1998, le financement des crèches et des maisons communales d'accueil de l'enfance ne sera plus subsidié par le Fonds des Équipements sociaux collectifs (FESC), un organisme fédéral. Les communautés et régions se sont engagées à reprendre cette subvention, mais sans transfert de moyens. Et c'est ici que les problèmes se corsent, car ce secteur est financée par des sources multiples non coordonnées.
Depuis 1995, les recettes de Sécurité sociale sont globalisées, ce qui a fait disparaître toute notion de réserve ou de secteur bénéficiaire. Les allocations familiales étaient jusqu'alors bénéficiaires. Cet argent n'a pas été transféré vers la petite enfance.
La situation est plus critique du côté de la Communauté française car celle-ci a développé des équipements collectifs d'accueil. En Région flamande, on a plutôt subventionné les gardiennes privées au détriment de structures collectives. Les gardiennes privées bénéficient d'importantes déductions de frais professionnels, d'exonération de cotisation de sécurité sociale et elles coûtent moins cher que le personnel salarié. La Région flamande dépense plus pour les aides familiales.
Avec des arguments différents, la Région flamande et la Communauté française vont réduire l'intervention des pouvoirs publics pour l'accueil des enfants. La privatisation suivra et creusera le nid des inégalités: certaines entreprises prendront en charge le financement de place dans les crèches pour les enfants du personnel, des enfants seront gardés à domicile par des ALE, des crèches sauvages privées vont proliférer sans le moindre contrôle.
Alors que politiciens et média parlent sans cesse des "droits de l'enfant" et que la pauvreté s'étend, les pouvoirs publics ne remplissent pas leurs devoirs élémentaires: assurer un accueil décent pour les enfants des travailleurs.
Francine Dekoninck