Cockerill-Sambre

 

Les grandes manoeuvres de Jean Gandois

 

Le secteur de l'acier a toujours été un bon baromètre pour le reste de l'économie. Si l'activité économique est florissante la demande en acier (automobile, bâtiment, fabrications métalliques) est grande, les prix montent et tout va bien pour les patrons sidérurgistes. Mais si l'économie est au plus mal, la demande chute, les prix s'effondrent et les entreprises d'acier sont "dans le rouge".

La suite de l'histoire nous la connaissons: afin de pouvoir vendre la surproduction, la concurrence devient acharnée. Chaque producteur essaie de baisser ses coûts de production en augmentant la productivité, en baissant les co& ucirc;ts (salaires, matières premières) ou en combinant les deux.

Depuis le début des années 1970, début de la dépression - toujours en cours - le capitalisme mondial a connu une succession de rationalisations et de licenciements. Avec de moins en moins de travailleurs, on a produit de plus en plus. De 1970 à 1994 en Belgique, le nombre d'emplois dans l'industrie (sans les secteurs du bâtiment et de l'énergie) est passé de 1.092.700 (32% de l'emploi total) à 682.994 (18.5%). Depuis 1994, Boël a pe rdu 800 emplois et les Forges de Clabecq sont en faillite.

Le pire est encore à venir. Jean Gandois, le patron de Cockerill-Sambre, veut faire baisser de 10 milliards par an les coûts d'exploitation (40% doit venir des coûts salariaux). La disparition de 2.000 emplois sur 10.000 est prog rammée ainsi qu'une baisse de salaire pour ceux qui resteront.

Mais tout cela n'est que l'apéritif. Cockerill-Sambre est trop petit face à des mastodontes tel que Krupp et Thyssen qui viennent de fusionner. Chaque année, les congrès internationaux de l'industrie sidérurgique concluent- selon la logique capitaliste - qu'étant donné l'élargissement des capacités de production, seules pourront survivre les groupes ayant accès au Danube et au Rhin. L'industrie sidérurgique de Belgique ne pourra donc survivre qu'en fusionnant avec un de ces mastodontes. Il faudra pour cela - toujours selon la logique capitaliste - que Cockerill-Sambre devienne attractif (lire "profitable"). Si une telle fusion a lieu, des milliers d'emploi seront &a grave; nouveau en jeu chez Cockerill-Sambre.

François Bliki

Le Militant
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