Belges et Immigrés
Pour l'égalité des droits!
Dans la société capitaliste, tous ceux qui ne sont pas "intégrés" - c'est-à-dire qui ne correspondent pas à une série de normes établies arbitrairement - sont traités de façon répressive. Les centaines de milliers de mineurs italiens, venus gratter le charbon au fond des mines après 1945, ont été accueillis comme des chiens et logés dans des baraquements initialement construits po ur héberger des prisonniers de guerre! Ceux qui se révoltaient étaient considérés comme "agitateurs communistes" et embarqués par les gendarmes pour être expulsés vers l'Italie.
En lançant l'idée du droit de vote aux élections communales pour les non Belges, la classe politique traditionnelle a tenté de calmer les esprits après l'émotion provoquée par la découverte du corps de la petite Loubna Benaïssa, violée et assassinée dans des conditions sordides. Le comportement très digne de la communauté musulmane et le fait qu'elle se soit montrée à cette occasion beaucoup mieux "intégrée" que bon nombre de Belges a troublé certains hommes politiques. Mais cette agitation autour du droit de vote n'a duré que quelques jours: la majorité des politiciens n'y pensent pas sérieusement. Leur attitude à l'égard de la communauté d'origine immigrée reste empreinte de paternalisme et de clientélisme électoral.
Souvenez-vous. Il y a quelques années, les directions de la FGTB et de la CSC appelaient leurs affiliés à rejoindre en masse les rangs des manifestations antiracistes organisées par "Hand in hand, Avec Vous". Dès que les revendications politiques et sociales se radicalisèrent, les mobilisations cessèrent.
Tôt ou tard, la loi électorale devra cependant être revue pour être conforme aux directives européennes. La lutte pour les droits politiques pour tous reviendra inévitablement sur le tapis. Mais ne laissons pas aveugler. Droit démocratique élémentaire, le droit de vote ne règle pas tout. Ni le racisme, ni les droits sociaux, ni l'accès à l'emploi dans les services publics, ni le droit de choisir librement son domicil e, ni le droit de séjour ou d'accès au territoire.
La plupart des conquêtes à arracher se feront au coude à coude avec les autres travailleurs. Et sur ce plan, les ouvriers des Forges de Clabecq - usine sans racisme comportant 18 nationalités - ont donné à tous un solide exemple à suivre.
Stef Salien