Renault

Des milliers de familles

victimes de la chasse aux profits

 

Le cynisme des multinationales de l'automobile

Ce n'est pas la première fois qu'une multinationale de l'automobile liquide brutalement une usine en Belgique: British Leyland à Seneffe, Citroën à Forest.

Il y a dix ans, Michelin (Leeuw St-Pierre) avait profité de la période des vacances annuelles pour mettre en douce la clé sous le paillasson. A l';époque, Michelin avait pourtant reçu 110 millions de subsides da ns le cadre de l'opération Maribel et avait reçu une dérogation pour ne pas devoir engager de stagiaires. Pourtant, à l'époque, il y avait déjà des directives européennes et des conventions collectiv es. Mais la bourgeoisie considère les conventions collectives comme chiffons de papier. Seule l'action déterminée des travailleurs de la Sabena a empêché la direction de la Sabena de suspendre arbitrairement toutes les co nventions collectives.

Le cynisme des multinationales liées à l'automobile ne date pas d'hier. Déjà en 1938, General Motors, Firestone et Standard Oil avaient racheté " pour immédiatement le démanteler " le chemin de fer d e Californie, à l'époque le réseau le plus électrifié du monde

Renault Industrie Belgique, créé en 1925, a un chiffre d'affaires en Belgique de 100 milliards et occupe 5.000 salariés. Avec les agents locaux, les concessionnaires, et les firmes de sous-traitance, cela fait 10.000 emplois me nacés.

8,5 milliards de FB ont été investis au cours des trois dernières années, la plupart dans le montage. En 1994 les investissements était utilisés comme moyen de pression pour introduire la flexibilité .

En France, selon la CGT, 56.500 emplois ont été perdus chez Renault de 1985 à 1995 (de 196.400 à 139.900). De 1991 à 1996, Renault a fermé quatre usines: une en Espagne, une au Portugal et deux en France. P lus que 3.600 personnes ont ainsi perdu leur emploi.

Ensemble, Peugeot/Citroën et Renault envisageaient de supprimer 40.000 en 5 ans et d'embaucher 14.000 jeunes avec l'appui des pouvoirs publics. Le gouvernement Juppé a refusé car utiliser les deniers publics pour perdre net 26.00 0 emplois aurait provoqué de vices réactions chez les travailleurs.

Les pouvoirs publics avait jusque l'an dernier une participation majoritaire dans Renault. Le gouvernement Juppé a prévu la privatisation pour l'été 1996. Mais comme le cours de l'action Renault trop bas, le gouvernement na finalement vendu que 6%, ce qui le laisse avec 46% comme actionnaire majoritaire. Schweitzer a alors fait appel à Michelin Ghosn, un manager qui avait déjà sévi lors de la fermeture de Michelin en Belgique.

Ce n'est qu'un début dans le secteur automobile. En Grande-Bretagne, Ford Iveco ferme un siège près de Londres (450 emplois) et un autre à Southampton (1.100 emplois). En Belgique, les syndicats craignent que Ford ne d&e acute;localise la production des camionnettes Transit.

Il y a une capacité de surproduction en Europe car la vente des voitures baisse. C'est pour cela que l'usine en Vilvorde ferme. Pas à cause des salaires ou des charges sociales. En Europe, les 90 usines automobiles peuvent produire 1 8 millions des voitures. L'an dernier, 13 millions de véhicules ont été vendus sur le marché européen.

Cela ne veut cependant pas dire qu'on n'ouvrira pas de nouvelles usines de production. Les multinationales ont dans leurs cartons des projets pour l'Europe de l'Est. Les salaires y sont tellement bas. Et de plus, il y existe un marché potent iel. Comme disent cyniquement les rapports des experts, il ne manque que les routes et le développement d'une classe moyenne.

Diane Dekens

 

Le Militant

 

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