Le PS laminé

Il fallait s'y attendre: le PS paie le prix fort pour la politique antisociale qu'il mène à tous les échelons du pouvoir et pour l'implication de plusieurs de ses hauts dirigeants dans des scandales financiers. Le dernier sondage réalisé par Marketing Unit, publié par La Libre Belgique du 24 mars, montre que dans les intentions de vote, la cote du PS n'a jamais été aussi bas.

En Wallonie, il cesse d'être le premier parti (27,3% contre 33,8% aux élections de mai 1995) et cède la place au PRL (29,6% contre 24,0% en 1995). C'est un véritable séisme. Écolo progresse de 10,4% (1995) à 15,4%. Le PSC recule de 22,7% à 19,4%. Le Front national ne progresse pas.

En Flandre, le CVP se maintient à 27,2%, le VLD passe de 20,7 à 22,1%, le SP de 19,9% à 18,5%, le Vlaams Blok de 12,2% à 13,2%, tandis qu'Agalev stagne à 6,9%.

A Bruxelles, le PRL s'envole. Il passe de 34,7% à 36,6%, tandis que le PS cesse d'être le deuxième parti de la capitale au profit d'Écolo. Le PS passe de 18,2% à 14,5%, Écolo progresse de 10,1% à 14,8%. Le PSC recule de 9,3% à 7,2%.

Les libéraux, qui rongent leur frein dans l'opposition depuis dix ans, se sont bien entendu empressés de proposer leurs services pour un changement de coalition. 40% des électeurs sondés souhaitent des élections anticipées et 30% un changement immédiat d'alliance. Mais Dehaene n'est pas pressé: la coalition actuelle lui permet de continuer lentement mais sûrement - trop lentement sans doute pour la bourgeoisie - la politique de démantèlement de l'emploi, des acquis sociaux et des services publics... tout en se maintenant politiquement et en affaiblissant son partenaire de la coalition.

Paradoxalement, la survie de la coalition est en partie lié au degré de mobilisation des militants de la FGTB wallonne. Si le gouvernement et le patronat parviennent à infliger une défaite majeure aux travailleurs, la bourgeoisie pourra alors se passer des services du PS en le chassant d'un coup de pied. On n'est toutefois pas là, et les libéraux devront continuer à ronger leur frein.

Le PS, de son côté, est fortement affaibli et dispose de peu d'autorité pour prêcher l'austérité aux travailleurs. A l'intérieur, l'atmosphère est détestable. A peine sorti de prison (pou r l'affaire Dassault), Merry Hermanus s'en est violemment pris à Busquin et à Spitaels.

Les travailleurs assistent indifférents à ces querelles de chiffonniers. D'autant plus qu'aucun des dirigeants n'a l'air d'être net par rapport aux affaires. Le vide politique à gauche devra être comblé par un nouveau parti des travailleurs, sans quoi c'est l'extrême-droite qui finira par tirer les marrons du feu.

Guy Van Sinoy

Le Militant
Hosted by www.Geocities.ws

1