Clabecq
Un excellent cahier de revendications
Lundi 3 mars, l'assemblée générale des travailleurs des Forges de Clabecq avait plusieurs points à l'ordre du jour:
- l'exigence de l'abandon de la part des banques de toutes les créances sur tous les biens de l'entreprise;
- l'exigence d'un plan de redémarrage de l'entreprise, d'un plan industriel, d'un plan financier et d'un plan social garantissant la survie des Forges en tant que sidérurgie intégrée;
- la présentation, le débat et l'approbation d'un cahier de revendications.
Le cahier de revendications comprend 4 points:
1. Le paiement du préavis, de l'indemnité de licenciement, du solde des congés compensatoires et des congés annuels des employés
(1) au plus tard le 31 mars.2. Le remboursement de 10% du salaire pendant 10 mois ainsi que de 5 treizièmes mois
(2).3. La prépension à 50 ans.
4. La création d'un fonds prenant en charge:
- les frais scolaires et parascolaires des enfants des travailleurs
- les frais de formation et d'éducation sociale des travailleurs au même taux que les congés éducation;
- un complément journalier de 612F à l'allocation de chômage et ce pendant l'équivalent de la moitié des années de travail (ONSS) avec un minimum de 3 ans et un maximum de 15 ans.
Ce cahier de revendications est un élément neuf de la lutte à Clabecq. Il indispose un certain nombre de commentateurs de la lutte de classes. Certains gauchistes impénitents y voient l'abandon de la lutte pour le redémarrage de l'entreprise. Ils ont tort. La bataille pour le refinancement de 5 milliards est une bataille de long ue haleine. Pour tenir, il faut d'abord assurer l'immédiat. Avec 30.000F par mois et une famille à nour rir, beaucoup de travailleurs doivent faire face à de graves difficultés financières. Si on ne parvient pas d'abord à régler un certain nombre de problèmes immédiats (remboursement des sommes dues aux travailleurs par l'entreprise, complément à l'allocation de chômage), de plus en plus de travailleurs risquent de se tourner vers des solutions individuelles (trouver un emploi ailleurs à n'importe quel prix) et la lutte à moyen terme pour la réouverture n'en sera que plus difficile.
De plus, entre le dépôt d'un cahier de revendications et le fait d'obtenir gain de cause, tout militant ouvrier sérieux sait qu'il faut lutter. Comme disait Roberto D'Orazio à l'assemblée:
"Ce cahier de revendication, c'est une dalle de 2 0 tonnes. Seul, je suis incapable de la soulever. Il faudra que nous nous y mettions tous"Guy Van Sinoy
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(1) Les congés annuels des ouvriers sont payés par l'Office national des Vacances annuelles.
(2) Il s'agit de la réduction de salaire imposée par la direction avec la complicité de la SWS (Société wallonne pour la Sidérurgie) et de la Région wallonne. De novembre 1992 à juillet 1993 pour les 10% de salaires. Pour les treizième mois, ceux relatifs aux années 1992, 1993, 1994, 1995 et 1996.
(3) Une telle revendication est une innovation en Belgique.