Contre la violence fasciste...
700 manifestants à Bruges
A l'appel du Comité contre la violence fasciste, plusieurs centaines d'antifascistes ont manifesté à Bruges le 29 mars dernier. Cette initiative faisait suite aux violentes actions de commandos menées par le NJSV, une or ganisation de jeunes dans la mouvance du Vlaams Blok.
Sur le plan local, les autorités communales et la police ont entretenu un climat de suspicion autour de la manifestation en insinuant qu'elle risquait de "tourner à l'émeute compte-tenu de l'arrivée de skinheads n&eac ute;o-fascistes et d'anarchistes gantois". "Extrême-gauche et extrême-droite" étant ainsi renvoyées dos à dos.
Le jour de manifestation, un autocar d'anarchistes venant de Gand a été bloqué sur l'autoroute par la gendarmerie et a été empêché de rejoindre Bruges. Motif: des "armes défendues" aurai ent été trouvées dans le car. En fait "d'armes", il s'agissait des hampes de drapeaux et de banderoles!
Militant avait invité des délégations internationales: le Socialist Party (Grande-Bretagne), Offensief (Pays-Bas) et Socialistische Alternative Voran (Allemagne). Ces délégations ont donné un caractère i nternationaliste à la manifestation.
Etaient notamment présents des délégations de: ABVV/Jongeren, Collectif anarchiste, JGS, Union des Progressistes juifs de Belgique, Union antifasciste de Charleroi, des groupes homosexuels, et bien entendu une forte dél& eacute;gation de Blokbuster/JRE. Marc Spruyt (ABVV/Jongeren), Éric Byl (Militant), Manu Abramowicz (Coordination antifasciste) et Lois Austin (Socialist Party - Grande-Bretagne) ont pris la parole à l'issue de la manifestation.
Les forces de l'ordre étaient nombreuses: 300 policiers et gendarmes, chevaux de frise, hélicoptères. Les fascistes avaient claironné qu'ils seraient plus de 500 à contre-manifester. Ce n'était qu'une fanfa ronnade. Ils étaient moins de 100 et n'ont jamais pu approcher sérieusement la manifestation. Parmi eux: Bert Érikson, le führer du VMO (dissout en vertu de la loi sur les milices); des membres du Front nouveau (de Marguerite Bas tien) et de nombreux membres du NJSV.
Frank Vanhecke, président du Vlaams Blok, avait pris ses distances du NJSV. Il a notamment déclaré que le Blok "n’était plus d’accord avec l’évolution récente du NJSV". Mais quand le journal local Brugsch Handelsblad a voulu interviewer le responsable du NJSV, sa mère a déclaré: "Pour le NJSV, il faut s'adresser à Frank Vanhecke, c’est lui qui s’en occupe".
Nous avons du reste pu vérifier que ce responsable du NJSV a eu un entretien avec les chefs locaux du Blok à propos d'une plainte déposée par le Centre pour l'Égalité des Chances et contre le Racisme. Le NJ SV et le Vlaams Blok continuent donc d'être comme cul et chemise...
Cette campagne contre la violence fasciste a obligé les fascistes à reculer. Elle a souligné le double langage du Vlaams Blok qui fait risette aux électeurs pour tenter de les séduire, tout en faisant exécu ter par ses officines - dans la pénombre - de basses besognes de tabassage contre tous ceux dont les idées ou la couleur de la peau ne leur plaît pas.
Geert Cool